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Direction la Bourgogne avec Chroniques de la vigne de Fred Bernard

Dessin de Fred Bernard

Passionnante plongée en Bourgogne, Chroniques de la vigne de Fred Bernard est un roman graphique où l’auteur converse avec son grand-père. 


Créateur des aventures de Jeanne Picquigny – dont on espère toujours un nouvel opus, La Paresse du panda (Casterman, 2016) commençant à dater –, Fred Bernard est un artiste attachant et prolifique, puisque paraît aussi L’Orpailleuse (Rue de Sèvres). On avait aimé ses Chroniques de la fruitière (Glénat, 2016), fascinant Voyage au pays du Comté, et voilà que reviennent ses Chroniques de la vigne pour une nouvelle édition – la précédente datait de 2013 et était épuisée – largement augmentée, plus de 40 pages inédites ayant été ajoutées. Depuis dix ans, notre homme a quitté Paris, revenant au bercail, à Savigny-lès-Beaune, un des fleurons de la Bourgogne viticole. Dans ces pages, il met un place un dialogue avec son viticulteur de grand-père (disparu en 2015, à 93 ans), « qui ne voulait pas au début, car je n’avais pas repris la boîte, alors que sans cesse, depuis tout petit, toute ma famille me disait : “Quand tu seras grand, tu feras du vin” », glisse-t-il, dans un large sourire. Et de poursuivre : « Il affirmait que tout avait déjà été dit sur le vin, et puis que c’était devenu snob. » Et pourtant… Ce fascinant ouvrage prend place dans le rayon « pif » de toute bibliothèque qui se respecte, aux côtés de l’opus culte d’Étienne Davodeau, Les Ignorants (Futuropolis, 2011) ou de la saga Mimi, Fifi & Glouglou de Michel Tolmer, qui en signe la préface. 


Dans de somptueuses pages à l’aquarelle – « Le médium s’est imposé, le même que pour mes carnets de voyage » –, Fred Bernard imagine une déambulation viticole pleine de tendresse en compagnie de son grand-père. Entre échappées belles philosophiques, réflexion sur les mutations du secteur – « On fait même du nature en Bourgogne, maintenant », se marre-t-il – et ode à la dive bouteille, la lecture est passionnante et permet aux profanes de mieux comprendre une région où, rien que dans le village de l’auteur (340 hectares de vignes), on compte 22 climats – parcelle délimitée et nommée depuis le Moyen-Âge, correspondant à un terroir unique avec ses caractéristiques propres. Du Clos du Maréchal né pendant la période de Vichy à des portraits d’amis en chevaliers – dont le génial Yves Gangloff, qui produit le meilleur Condrieu de la planète –, en passant par le retour des animaux – hannetons, lucanes, etc. – grâce au bio, on saute d’une page à l’autre avec bonheur, d’autant que l’humour est au rendez-vous. Normal, puisque « mon grand-père était quelqu’un de très drôle », souligne Fred, qui s’est même amusé à signer chaque page en créant un gag graphique, rendant ainsi hommage à l’immense André Franquin. 


Paru chez Glénat (24 €)
glenat.com

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