Jeune chef et violoniste en pleine maturité, Renaud Capuçon donne trois concerts dans la région, à Épernay, Mulhouse et Luxembourg, permettant de découvrir l’étendue de ses talents.
Renaud Capuçon vient de fêter ses 50 ans. Pour l’occasion, il a consacré un disque à Bach, « l’alpha et l’oméga de la musique » rassemblant Sonates et Partitas d’un compositeur qui « tutoie Dieu de manière incroyable. » Sur scène, le violoniste (mais pas que…) fait feu de tout bois, variant les répertoires avec bonheur. On le découvre ainsi à Épernay (16/02), dans une épopée chambriste Mozart / Haydn / Korngold, en compagnie du Trio Zeliha composé de virtuoses en herbe : « J’ai toujours aimé travailler avec de jeunes musiciens. Il y a une énergie différente puisque, souvent, ils abordent des œuvres qu’on a jouées cent fois avec une candeur communicative. On se challenge les uns, les autres. C’est pour cela que j’ai fondé Beau Soir Productions, une manière d’aider des talents artistiques à répondre aux défis qu’ils rencontrent à l’orée de leur carrière », souligne-t-il. À cette véritable famille appartient aussi Paul Zientara, avec qui il donne la Symphonie concertante pour violon et alto de Mozart à Mulhouse (20 & 21/02), montrant sa maestria dans le « diriger / jouer ». Également au menu, la Symphonie no 1 de Brahms : « Ce sera la première fois que je la dirige. J’attends cela avec impatience, comme un gamin son cadeau de Noël [rires]. C’était important de le faire avec l’ONM, car le contact avec eux, en décembre 2024, était excellent. Le courant est très bien passé », résume-t-il.
Dans l’existence musicale de Renaud Capuçon, la direction d’orchestre se fait de plus en plus importante, ces dernières années : « Tout a commencé il y a plus de 25 ans, lorsque Claudio Abbado m’a demandé d’aller au pupitre du Gustav Mahler Jugendorchester [dont il a été Konzertmeister entre 1998 et 2000, NDLR], parce qu’il avait envie d’entendre le son dans la salle. J’ai alors ressenti une sensation nouvelle : immédiatement, cela a été clair que j’allais diriger un jour… Tout a été très progressif, mais aujourd’hui, la direction fait partie intégrante de mon quotidien, elle est devenue indispensable et me permet d’être plus libre dans mon jeu de violoniste. » On découvrira également qu’il est aussi une sacrée baguette à la tête de l’Orchestre philharmonique du Luxembourg (27/02) avec, notamment, le Concerto pour violoncelle de Schumann – par la géniale Julia Hagen, qui appartient aussi à la famille – et la Symphonie no 8 de Dvořák, écrite dans la quiétude de Vysoká, où il aimait goûter à la douceur de vivre. Le compositeur plonge le public dans son univers, celui d’un romantisme tchèque qui intègre avec intelligence certains éléments du folklore de son pays : voilà une œuvre d’essence pastorale, extraordinairement brillante, enlevée et d’une grande gaieté.
En l’Église Notre-Dame (Épernay) lundi 16 février, à La Filature (Mulhouse) vendredi 20 et samedi 21 février et à La Philharmonie (Luxembourg) vendredi 27 février
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