Sweet dreams

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Le Badisches Staatstheater redonne vie à Verlobung im Traum de Krása, variation sur l’amour, le rêve et la réalité portée par une envoûtante musique jugée dégénérée par les nazis.

Rareté absolue, Verlobung im Traum – monté pour la troisième fois depuis 1933 – est l’œuvre de Hans Krása, resté célèbre pour son opéra pour enfants Brundibár créé à Theresienstadt, “camp modèle” du IIIe Reich, construit pour berner la communauté internationale. Assassiné à Auschwitz, le compositeur est aussi l’auteur de cet opéra inspiré du Rêve de l’oncle de Dostoïevski. La musique de ces Fiançailles en rêve – dont le titre résume le propos de manière lapidaire – possède, selon son concepteur, « des fondations rigoureuses à l’intérieur d’un sens mélodique abordable ». Mâtinée d’influences venues du jazz, de Bellini (avec un merveilleux ensemble sur le célèbre air de Norma, Casta diva) ou de Stravinski, elle semble concentrer l’âme bouillonnante des années 1920. C’est dans cet esprit d’apocalypse joyeuse qu’est conçue la mise en scène d’Ingo Kerkhof où irradie le talent de la soprano polonaise Agnieszka Tomaszewska dans le rôle central de Sina.

À Karlsruhe, au Badisches Staatstheater, les 6, 15 et 21 janvier

+49 (0)721 355 70 – www.staatstheater.karlsruhe.de

 

Hervé Lévy
Hervé Lévy
Rédacteur en chef
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