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La sanguinaire Iphigénie en Tauride de Wajdi Mouawad

© Stefan Brion

Wajdi Mouawad s’empare d’Iphigénie en Tauride de Gluck, plongeant avec grande intelligence aux tréfonds d’une histoire sanglante.

Dans sa remarquable production, Wajdi Mouawad commence par un bienvenu rappel pédagogique – la généalogie des Atrides, la Guerre de Troie, notamment illustrée par une œuvre de Raymond Waydelich – pendant que se déploie la tempétueuse ouverture d’Iphigénie en… Aulide, autre opéra de Gluck. Pour celui qui nous occupe, une photographie de chars russes apprend au public que la Tauride est l’ancien nom de la péninsule de Crimée, tandis qu’une saynète installée dans un Musée de Kiev questionne les enjeux de l’œuvre à l’aune de la contemporanéité. Une fois ces prolégomènes posés, l’opéra peut débuter… 

Dans un décor épuré est narrée une histoire complexe que le metteur en scène rend limpide, servie par une distribution exceptionnelle, que ce soit sur le plan vocal (l’incroyable soprano franco-algérienne Tamara Bounazou fait un tabac dans le rôle-titre) ou musical, grâce à l’ensemble Le Consort dirigé par Théotime Langlois de Swarte. Pour le reste, les interrogations traversant le livret sont montrées dans de terrifiantes effusions de sang et de sentiments.


Au Grand Théâtre (Luxembourg) vendredi 27 et dimanche 29 novembre
theatres.lu

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