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Icônes : exposition sur Andy Warhol, à la Moderne Galerie

Andy Warhol, Details of Renaissance Paintings (Sandro Botticelli, Birth of Venus, 1482), 1984, 81,5 x 112 cm, Siebdruck, Privatsammlung Deutschland © 2026 The Andy Warhol Foundation for the Visual Arts, Inc. / Licensed by Artists Rights Society (ARS), New York, Foto: Georgios Michaloudis, farbanalyse Köln

Centré sur la sérigraphie, medium fétiche d’Andy Warhol, un parcours rassemblant quelque 120 pièces montre comment le « pape du Pop » métamorphosait des images en Icônes.

Commissaire de cette exposition, Lisa Felicitas Mattheis en résume l’esprit en quelques phrases : « Andy Warhol a compris très tôt que les sociétés modernes organisent leur réalité à travers les images. Ce que nous rencontrons aujourd’hui quotidiennement sur les réseaux sociaux – la répétition, la reconnaissance et la circulation rapide des images –se trouve déjà présent dans son œuvre. » L’artiste tend au visiteur le miroir des vanités contemporaines, créant un hallucinant sentiment de vertige. À l’image de la production de masse en usine, ce véritable factory worker est aussi un serial painter dont la sérigraphie devient le moyen d’expression privilégié au début des années 1960. Cette technique lui permet en effet de dupliquer des clichés dans des variations de teintes sans cesse renouvelées, associant la reproduction photomécanique à des interventions picturales, aplats de couleur ou décalages délibérés. Grâce à ce procédé, il confère à des produits issus de la consommation de masse un statut quasiment religieux : la bouteille de Coca-Cola ou la boîte de soupe Campbell en sont deux éclatants exemples.

Andy Warhol livre un portrait du monde moderne, celui du capitalisme décomplexé où les personnalités sont les nouveaux « saints » d’un culte cathodique : présentée en intégralité, la série Marilyn (1967) – la première qu’il réalise, elle servira de modèle pour les suivantes – reprend un cliché de presse du film Niagara de Henry Hathaway en dix variations chromatiques, du noir au rose en passant par le bleu. Glam à mort, le visage / masque de Norma Jean Baker – lèvres pulpeuses, regard absent et présent à la fois – flotte au cœur d’aplats de couleur qui ont la semblance de limbes sacrées. La métamorphose est opérée : de star hollywoodienne, elle accède à un autre statut, devenant pure surface de projection mentale interrogeant la construction de la célébrité. Ce même traitement sera appliqué à Mao (1972), mais aussi à des figures du passé comme Johann Wolfgang von Goethe (1982). Dans la réflexion autour de l’American way of life que propose l’artiste, il n’omet pas sa face sombre avec des séries comme Electric Chair (1971) montrant la salle d’exécution vide de la prison de Sing-Sing, ou Flash-22 novembre 1963 (1968). Cette dernière rassemble 11 estampes assorties de textes signés Phillip Greer, en forme de narration fragmentée de l’assassinat de John F. Kennedy à Dallas et questionnant, non son essence ou ses implications politiques, mais son traitement médiatique.


À la Moderne Galerie (Sarrebruck) jusqu’au 18 octobre
modernegalerie.org

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