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Hommage à Marguerite Hersberger au Museum Ritter avec Interstices

Marguerite Hersberger, Polissage Nr. 45, 1974 © Artiste Künstlerin, Photo: Peter Schälchli

Rétrospective radicale et poétique dédiée à Marguerite Hersberger, Interstices est une plongée au cœur de l’abstraction géométrique. 

Heavy Metal, nouvelle présentation de l’impressionnante collection réunie par Marli Hoppe-Ritter – plus de 1 200 œuvres représentatives de l’abstraction géométrique –, a investi les murs du musée créé par la copropriétaire de Ritter Sport. En harmonie avec son intitulé, s’y déploient des créations signées Heinz Mack – un relief d’aluminium de 1958 –, François Morellet (les géniaux effets d’optique de Sphères-trames, icone en inox de 1962), Günther Uecker (Spirale de clous en fer peints inclus dans un quadrilatère, 2002) ou encore Thomas Rentmeister, avec le brutaliste Eisenschokolade (2012) d’acier. Leur dénominateur commun ? Questionner le carré et s’amuser avec lui, comme un clin d’œil à la forme des tablettes du plus célèbre des chocolats allemands. C’est aussi lui qui est au cœur des travaux de Marguerite Hersberger (née en 1943), regroupés dans une exposition monographique en rassemblant 50, des années 1960 à aujourd’hui, puisqu’elle a mis en scène le foyer de l’institution, réalisant une incroyable installation murale.

 

 

Le parcours débute avec Prisma Relief no 10 (1967) : sur une planche de bois recouverte de toile – support « classique » des peintres –, elle a installé huit prismes de verre acrylique transparent de formes et de tailles variées, permettant un jeu entre la lumière, réfractée dans tous les sens, et les couleurs, explorant toutes les nuances du bleu. Elle continue à utiliser cette matière de manière inédite, que ce soit dans Polissage no 45 (1974) – fascinant jeu chromatique évoquant curieusement De Stijl – ou dans Lichtpinsel no 5 (1972-73), où la fibre de verre conductrice est utilisée pour générer des effets oniriques faisant penser à une méduse flottant dans l’océan. Au fil des salles se déclinent les fondamentaux mis en place par la plasticienne helvète : restriction à des formes et structures élémentaires ou encore jeu spatial permanent entre transparences et densité de la couleur, entre obscurité et lumière. Avec Out of the Center no 29 (2006), agencement de plusieurs plaques de verre permettant d’obtenir un effet tridimensionnel, le visiteur est invité à se déplacer pour expérimenter un étrange effet de décentrement poétique proche de l’Op Art. On reste également impressionnés par la sensualité que Marguerite Hersberger réussit à faire ressentir dans de strictes abstractions géométriques, en peignant avec des ombres colorées dans ses œuvres récentes, à l’image de Rhythmische Farbspiele no 23 (2025). 


Au Museum Ritter (Waldenbuch) jusqu’au 27 septembre
museum-ritter.de

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