Une exposition sur les représentations du corps à la Staatsgalerie Stuttgart
Génération 1700 se penche sur l’enseignement du dessin à l’Académie royale de peinture et de sculpture de Paris pendant les Lumières.
La représentation du corps humain est affaire essentielle au début du XVIIIe siècle : sous la houlette de jeunes artistes comme Michel-François Dandré-Bardon (1700-1783), le modus operandi du dessin d’après modèle vivant opère une métamorphose majeure. Ces « révolutionnaires » étudient l’anatomie de manière rationnelle, la considérant comme l’expression d’idées nouvelles, entrant en résonance avec les bouleversements sociaux qui vont déboucher sur 1789, conséquence de l’affranchissement d’une certaine bourgeoisie éclairée vis-à-vis de la monarchie absolue et, par ricochet, de la religion.
Ces concepts novateurs flottent sur des compositions qu’on peut voir comme des vecteurs de liberté : portrait d’un étudiant signé Charles-François Hutin, homme assis saisi par Jean-Baptiste Marie Pierre ou encore mâle dénudé tenant une corde de Dandré-Bardon. Dans leurs mises en scène, tous saisissent le mouvement, instillant une réelle tension dramatique au moment qu’ils représentent… comme s’ils annonçaient, en filigrane, des jours de révolte à venir.
À la Staatsgalerie Stuttgart jusqu’au 30 août
staatsgalerie.de



