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L’artiste Frans Masereel mis à l’honneur au Musée de l’Image à Épinal

L’Écluse 1928, huile sur toile, collection privée © Adagp, Paris 2026 c

À Épinal, une ample rétrospective s’attarde sur l’œuvre protéiforme de Frans Masereel, éminent représentant d’Un Art entre révolte et rêverie.

Originaire de la ville côtière belge de Blankenberge, tout près de Bruges, Frans Masereel (1889-1972) a passé une bonne partie de sa carrière entre France, Allemagne et Suisse. Une influence internationale marquée par les deux Guerres mondiales, qui transparaissent dans ses gravures, peintures et autres illustrations – il s’engagea par exemple pacifiquement pour dénoncer la Première, réalisant des dessins satiriques dans des titres européens comme Les Hommes du jour (France) ou Die Aktion (Allemagne). Cette casquette de caricaturiste jalonne ainsi un riche parcours d’exposition composé de neuf chapitres: en introduction, impossible de ne pas revenir sur sa Passion du dessin, rapidement caractérisé par des univers en noir et blanc croquant le quotidien de son époque, de sa représentation de la lutte des classes à la ville annihilant toute humanité. Se découvre ensuite Le Dessinateur de presse, section au cours de laquelle on retrouve son travail pour La Feuille (quotidien publié à Genève entre 1917 et 1920). Le Vainqueur (18/09/1918), canon anthropomorphe écrasant des cadavres de tout son poids, ou La Bienvenue… (04/04/1918), squelette géant accueillant les soldats américains envoyés au front, témoignent de son cynisme et de son militantisme, constants au fil du temps, puisqu’il participera à l’élaboration de tracts vers le milieu du siècle pour lutter contre les nazis.


Dans une troisième partie dédiée à la gravure, Masereel s’attaque à la barbarie capitaliste. Les Fumées (1920) révèle par exemple des colonies d’individus, nus et misérables, mélangés aux épaisses émanations sombres s’échappant de cheminées d’usine. Le Baiser (1924), autre tableau urbain, s’arrête pour sa part sur l’étreinte entre un homme et une femme, penchés tendrement l’un vers l’autre depuis la fenêtre de leurs appartements, tandis que la vie grouillante de la métropole pulse tout autour d’eux. De son côté, Histoires sans paroles revient sur le langage novateur dont il est l’instigateur : la création d’un récit imagé sans aucun texte. Précurseur de ce qui s’appellera plus tard le roman graphique, l’artiste publie, dès 1918, 25 Images de la passion d’un homme, épopée tragique d’un idéaliste dans la société moderne. Enfin, si De la couleur fait un crochet par ses aquarelles chatoyantes – Le Petit café (1925) renvoie à l’animation d’un bar parisien, quand L’Écluse (1928) immortalise l’activité portuaire –, Les Arts décoratifs fixe un nouveau volet de ses réalisations. Jusqu’au milieu des années 1950, le Belge a en effet été invité à concevoir bas-reliefs, vitraux et autres faïences, notamment le décor d’un vase (1925) reproduisant une scène de Grotesk-Film (1921), ouvrage publié aux éditions berlinoises J.B. Neumann.


Au Musée de l’Image (Épinal) jusqu’au 20 septembre

museedelimage.fr

 

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