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Catherine Ringer au programme du Temps des Féminismes 2026

L'Érotisme de vivre, Catherine Ringer © Mathias Walter

Dans cette nouvelle et dense édition du Temps des Féminismes, Catherine Ringer dit notamment L’Érotisme de vivre, s’emparant, en toute délicatesse, des mots de la poétesse Alice Mendelson.

Le grain de sa voix nous est tellement familier. On a dansé sur Marcia Baïla, braillé C’est comme ça, dit oui à Andy… Ex-Rita Mitsouko, Catherine Ringer est de retour sur scène, cette fois avec les textes joliment ciselés d’Alice Mendelson. Le timbre est un peu caillouteux. Monte dans l’aigu, redescend. Regrimpe en un cri dont la stridence évoque curieusement Léo Ferré. Elle dit. Déclame. S’échappe parfois vers le chant et l’on retrouve, mais un instant, un instant seulement, l’interprète du Petit train. Elle nous fait rencontrer la force douce des mots enchantés d’Alice Mendelson (1925-2025), poétesse puissante qu’elle avait découverte, il n’y a pas si longtemps, alors qu’elle n’était pas même publiée. C’est désormais chose faite avec un recueil prenant pour titre L’Érotisme de vivre (Éditions Rhubarbe, 2022). Et l’artiste de narrer : « Ce fut un émerveillement immédiat face à ces poèmes simples et beaux, directs et joyeux, exaltant une sensualité de la vie. J’ai de suite pensé à Prévert avec ce rythme des vers », confie la chanteuse, qui décide immédiatement de mettre l’affaire en musique avec le pianiste Grégoire Hetzel. Un spectacle naît au printemps 2021, dans le cadre du petit théâtre de La Huchette, à Paris. 

L’Érotisme de vivre, Catherine Ringer © Laura Lago

Souvent, bien sûr, l’extase charnelle est tapie au coin des mots : « Par ta chaleur, ton poids, l’espace occupé par ton corps nu sur le mien, nu lui aussi, je reçois ma vraie nudité.» Certains passages sont d’une torride élégance, comme ces instants dédiés « À l’homme léchable qui fut et sera passé au tamis de la langue. » Elle nous « lance avant tout une invitation à la vie, à préserver la curiosité : « Pour bien vieillir, il est bon d’avoir / le vice de la joie » sonne comme un résumé de sa philosophie », souligne Catherine Ringer. Voix voilée. Modulée en toute finesse. Elle dit les hommes, l’amour, la passion avec verve, comme l’exprime Jean-Pierre Siméon, directeur de la collection Poésie / Gallimard : « Ce qui fait à mes yeux la force irradiante de la poésie de Mendelson, c’est que ce chant passionné du corps-à-corps charnel, clamé à voix pleine, sans excuse ni affèterie, est la métonymie d’une érotisation généralisée de la vie, de la relation aux êtres et aux choses. C’est l’expression sans doute d’une disposition foncière mais c’est surtout un choix et un courage […] malgré et contre tous les démentis de l’existence. »


En l’Église Saint-Guillaume (Strasbourg) vendredi 27 mars dans le cadre du Temps des Féminismes (22-29/03)
biblideales.fr

> Sélection d’autres rendez-vous parmi une trentaine : Charlotte Casiraghi autour de son essai La Fêlure (22/03), un dialogue entre Ovidie, Judith Godrèche et Pauline Chanu montrant comment l’hystérie continue à être une arme pour enfermer des femmes (29/03) et entre Rokhaya Diallo & Grace Ly autour du lien entre racisme et relations intimes (29/03)

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