Pop thermale

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Grâce à sa pop à l’anglo-saxonne finement ciselée et chantée dans la langue de Dominique A, Baden Baden caresse nos tympans. Entretien avec le trio qui cherche à « créer des connivences » avant sa tournée dans l’Est.

Sur votre page Facebook, vous avez posté une photo de 2008 montrant une nappe en papier griffonnée datant du brainstorming qui vous a conduit à opter pour votre nom. Pourquoi avoir choisi Baden Baden et pas Frigo, Chantilly ou Freiburg ?

Ça n’est jamais évident de mettre un nom sur un projet artistique… On a couché tout ça sur le papier, même les plus mauvaises idées, qui n’avaient aucun rapport avec notre musique. Baden Baden sonne bien et nous voulions un nom de ville car les cités évoquent beaucoup de choses. Nous n’y sommes jamais allés, mais nous l’imaginons un peu froide, figée dans le temps, mélancolique… comme notre musique.

Baden Baden est une ville thermale et il y a beaucoup d’eau chez vous : dans vos morceaux, vidéos ou photos, comme celle de votre pochette, avec des rameurs faisant de l’aviron. Votre dernier album a d’ailleurs été en partie écrit au bord de la mer…

C’est vrai que certains textes, écrits à proximité de l’eau, y font référence. Mais bien souvent, les choses s’imposent à nous. Le cliché, nostalgique, sans âge, de notre pochette vient d’une série de Carl Von Arbin qui avait réalisé un clip pour nous… se passant sur un bateau. L’eau est un élément qui se marie naturellement à notre univers.

Comment a réagi Dominique A à votre reprise de son Courage des oiseaux ?

Nous ne le connaissons pas personnellement, mais il en a dit du bien je crois. L’exercice de la reprise est souvent imposé par les radios qui nous demandent de proposer la relecture d’un morceau connu. Heureusement, Dominique A bénéficie d’une aura importante depuis quelques années. Il y a cinq ans, nous n’aurions peut-être pas pu le reprendre…

C’est le minimalisme de ce morceau qui vous séduit ?

À la base, il est très minimaliste – une boîte à rythme et un petit clavier – mais c’est la version live qui nous plaît le plus, avec des cycles de notes de guitare très répétitives. Chez nous, Le Courage des oiseaux est encore différent : il y a de la guitare et de l’électronique. Un morceau comme ça, avec une jolie mélodie de voix et des accords simples, peut se mettre à toutes les sauces. C’est la force d’une bonne chanson que de pouvoir se jouer de différentes façons.

Avec cette reprise une filiation se dessine…

Pour nous, c’est un classique de la chanson française, mais nous n’affirmons pas être dans la lignée de Dominique A, qui a sa carrière, sa manière propre de faire de la musique. Nous avons également repris Bashung ou Souchon.

« Je regarde le monde, mais le monde ne me voit pas », dites-vous dans L’Échappée. Vous étiez en retrait durant l’écriture de votre dernier long format ?

Oui, car nous revenions d’une période de promo et de concerts pour notre premier album. Le cycle médiatique est très rapide. Après la tournée, on s’est retrouvés dans une phase calme durant laquelle nous avons composé, mais pour un résultat très inégal. Nous sommes alors entrés dans une seconde année plus productive. Nous étions en effet en retrait… et à nouveau très excités par notre musique. Il faut surtout ressentir l’envie de sortir un disque : c’est nécessaire de ne pas faire les choses de manière mécanique, et donc de prendre du recul.

Comment fonctionne votre trio ? Chacun a besoin de prendre ses distances par rapport aux autres ?

C’est vrai que nous avons un process de création particulier, assez égoïste, vu que nous travaillons chacun dans notre coin avant d’échanger, de mettre en commun et de composer.

Mélodies accrocheuses, arrangements léchés, voix claire… Vous désirez toucher à une certaine élégance pop ?

Nos chansons sont “construites”, équilibrées, mélodiques, tout en restant assez simples. Elles ne sont pas très compliquées car nous aimons l’immédiateté dans la musique.

À certains moments, vous “plongez dans le bruit”, notamment avec les envolées de guitare d’À tes côtés

Notre musique, souvent calme et parfois plus exaltée, qui “racle”, traduit une grande gamme de sentiments. Nous aimons les contrastes, la musique épurée qui devient plus violente, les moments de plénitude couplés à des phases énervées. C’est une palette d’émotions, de couleurs…

Les morceaux de Mille Éclairs restent cependant dans un camaïeu de gris-bleus…

Gris-bleus, oui… même si sur scène, notamment dans les moments post-rock, on ajoute des touches de rouge.

 

À Strasbourg, à La Laiterie, mercredi 18 novembre

03 88 237 237

www.artefact.org

À Metz, aux Trinitaires, mardi 1er décembre

03 87 20 03 03

www.trinitaires-bam.fr

À Paris, à La Cigale, mercredi 2 décembre

01 43 79 23 28

www.lacigale.fr

À Audincourt, au Moloco, vendredi 11 décembre

03 81 30 78 30

www.lemoloco.com

Mille Éclairs, édité par Naïve

www.naive.fr

www.badenbaden.fr

 

Emmanuel Dosda
Emmanuel Dosda
journaliste
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