Marathon rap

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Pour Blackalicious, le plus delicious des groupes de hip-hop US, tout est question de tempo. Le duo West Coast débarque en Europe, du soleil californien plein les valises.

« Artificial amateurs / aren’t at all amazing / Analytically / I assault / Animate things / Broken barriers bounded by the bomb beat / Buildings are broken / Basically I’m bombarding / Casually create catastrophes… » Alphabétique et olympique ! Blackalicious, bien connu des B-Boys pour son tube Alphabet Aerobics, le décline de A (comme Artificial) à Z (comme Zealots) à une vitesse croissante. Fringues XXXL sur le dos, lunettes sur le nez et bonnet de laine sur la tête, le rappeur Gift of Gab ne perd jamais haleine. Sprint rap, course effrénée après le rythme, accélération de champion, tour de force ? Alphabet Aerobics est bien plus qu’une prouesse technique ou un défi lancé aux Eminem en herbe : c’est un morceau bombesque à souhait, entraînant comme il faut, capable de dérider les esprits les plus chagrins et de faire jumper les foules. Derrière les platines, Chief Xcel balance des beats bien fat, pleins de soleil de la baie de San Francisco, accompagnant les rimes qui sentent bon le sable chaud et le flow cool de son acolyte. À des kilomètres du bling-bling qui fait mal aux yeux et des postures gangsta qui n’impressionnent plus personne, le duo produit des titres tout en rondeurs, mêlant samples soul, groove moelleux, punchlines souples et rimes malines.

Blackalicious renvoie à la seconde moitié des années 1990, aux Pharcyde, aux Jurassic 5 (des potes) et leur esprit bon enfant, aux Dilated Peoples (des copains), au collectif Solesides qui s’est transformé en projet Quannum dont faisait partie le duo, aux côtés du maestro DJ Shadow, de Latyrx, de Lifesavas ou de Lyrics Born. Pour se remémorer cette époque faste pour la côte Ouest, se replonger dans les compilations Quannum Spectrum et Solesides Greatest Bumps… Dix ans exactement après The Craft, son dernier album, et un bon paquet d’années après Blazing Arrow (avec la contribution de Cut Chemist, Saul Williams ou même de Gil Scott-Heron) ou Nia (avec le tube Deception), Blackalicious vient de sortir Imani Vol. 1, quatrième opus (et premier volet d’une trilogie) que le duo vient défendre sur scène, promettant un moment riche en acrobaties verbales. Blackalicious is beautiful.

 

À Bâle, à la Kaserne, dimanche 18 octobre

+41 61 666 60 00 – www.kaserne-basel.ch

À Strasbourg, à La Laiterie, mercredi 21 octobre

03 88 237 237 – www.artefact.org

À Paris, au New Morning, vendredi 23 octobre

01 45 23 51 41 – www.newmorning.com

Emmanuel Dosda
Emmanuel Dosda
journaliste
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