Léo Cohen-Paperman au rendez-vous pour @La_therapie_d_emmanuel_macron
Léo Cohen-Paperman et sa compagnie Les Animaux en paradis ajoutent un nouveau volet à leur saga présidentielle avec @La_therapie_d_emmanuel_macron. Extra.
Vous revoilà avec un autre président de la Ve République, après avoir porté la carrière de Chirac, Mitterrand, Giscard, Sarkozy et Hollande sur scène. Comment abordez-vous les quinquennats de notre chef d’État actuel ?
Chaque spectacle associe une figure à un genre particulier (le vaudeville pour Giscard, le stand up pour Sarkozy et Hollande, etc.). La SF caractérise Macron : on est en 2058, il a 80 ans et, après s’être absenté en 2027, il a été régulièrement réélu depuis et se présente cette fois pour un sixième mandat. Au moment de valider son formulaire d’élection, il est pris de crises d’angoisse terribles et décide d’aller voir une psy. La particularité est qu’elle n’a pas de forme humaine. Elle s’exprime à travers une tête binaurale, présente au plateau… ce qui fait que les spectateurs rentrent avec un casque audio sur les oreilles.
Quel est l’intérêt de la science-fiction pour cet épisode ?
Le genre permet de ne pas être pris au piège de l’actualité ou de l’opinion. Même si elle vient naturellement à nous, l’enjeu est d’arriver à s’en décaler. On se demande comment on parlera de lui dans 20, 30 ans, ce qu’est le macronisme… Pour nous, il aura fini par comprendre qu’on ne peut pas casser les clivages politiques comme ça. Quand il revient, dans les années 2030, il devient le fer de lance d’une gauche particulière, très coercitive en matière d’écologie. En 2040, il est le héros d’une nouvelle droite extrêmement libérale. En l’imaginant hyper à gauche puis hyper à droite, on veut parler du Macron du « en même temps », écartelé entre les deux partis.
À quoi ressemblent ces mandats ?
Durant le premier, il fait passer une loi fondamentale interdisant aux gens de prendre l’avion plus de deux fois dans l’année. La Loi pour la Préservation démographique établit aussi que, passé 30 ans, si un couple n’a pas au moins deux enfants, il devra payer une taxe de 2 000 euros par mois. Dans la même idée, il revalorise les métiers liés à la petite enfance en triplant les salaires. Ensuite, il autorise les malades à télécharger leur corps dans des entités non humaines. Dans les années 2050, il prévoit de dépénaliser complètement l’immigration, après avoir autorisé à tirer à vue sur des migrants qui venaient par les Pyrénées. Le balancier se fait de façon très radicale. Il consent également à ce que les gens aient des enfants avec des robots…
Les manifestations étudiantes actuelles* influencent-elles votre écriture ?
Depuis la dissolution de l’Assemblée nationale, il ne s’est rien passé d’aussi important au point de bouleverser ce que l’on créait. S’il arrive quelque chose d’énorme, on sera obligé de le prendre en compte. On espère quand même que ça n’arrivera pas la veille de la première ! Toutefois, il y a quelques endroits dans le texte où on peut naviguer, jouer avec l’actu. Mais ça reste marginal.
Au Théâtre de Charleville-Mézières jeudi 12 novembre, au Nouveau Relax (Chaumont) mardi 17 novembre, au Théâtre Louis Jouvet (Rethel) jeudi 19 et vendredi 20 novembre, à l’ACB (Bar-le-Duc) jeudi 26 et vendredi 27 novembre, à La Madeleine (Troyes) jeudi 3 décembre, à l’Espace Jean Vilar (Revin) vendredi 11 décembre, à la MAC (Bischwiller) mardi 2 février 2027, au Théâtre Bernard-Marie Koltès (Metz) jeudi 4 et vendredi 5 février, au CCAM (Vandœuvre-lès-Nancy) du 9 au 11 février et au Carreau (Forbach) mardi 4 mai
animauxenparadis.fr
*Interview réalisée le 12/10/26
