Plateforme internationale de la création contemporaine, Musica propose, pour sa 44e édition, une odyssée audacieuse allant de Georges Aperghis aux expérimentations les plus radicales.
Depuis qu’il a pris les rênes de Musica, en 2019, Stéphane Roth est demeuré fidèle à son credo : élargir le champ de la création sonore et décloisonner le répertoire tous azimuts, en explorant les porosités possibles entre les genres. Le résultat ressemble à un kaléidoscope : les « classiques contemporains » n’y sont évidemment pas oubliés avec, par exemple, une journée dédiée à Georges Aperghis pour ses 80 ans (30/09). Il est notamment possible d’y découvrir le génial Tell Tales, dans lequel les six voix de l’EXAUDI Vocal Ensemble conversent avec l’alto de Tabea Zimmermann dans un extatique labyrinthe. Heiner Goebbels est aussi de la partie avec Walden (02/10, Cité de la Musique et de la Danse), série de paysages sonores inspirés du livre éponyme de Thoreau. Dans ces neuf « environnements », le compositeur offre une subtile réflexion sur notre manière d’habiter le monde, entre échappées ambient dans la nature et percussions palpitantes évoquant la grande ville.
Se retrouvent également des formations iconiques, comme les Américains de Roomful of Teeth – qui repoussent les limites de la voix – pour deux soirées. La première est dédiée à Gabriel Kahane (18/09, Maillon) et son univers aux lisières de la pop et de la politique, tandis que la seconde rassemble deux créations mondiales – Rumors of War d’Alyssa Regent et Gourmandise de Florent Ghys – et la Partita for 8 voices de Caroline Shaw, où le cadre baroque est tordu et transpercé par l’irruption de la contemporanéité (20/09, Cité de la Musique et de la Danse). De la radicalité noise de Sonic Temple vol. 8 (24/09, Église Saint-Paul) – entre tellurisme sonore et electro planante – à l’exploration de la mémoire vivante d’une contre-culture pour Punk in Elsass (01-04/10, également à Mulhouse), le spectre est vaste et les découvertes pléthore ! On se réjouit ainsi de plonger au cœur de Mors Osculi d’Alyssa Regent (19/09, Salle de la Bourse), dramaturgie de l’intime fondée sur l’œuvre de Louise Labé ou du très actuel Devenir|s Mutant·es (19 & 20/09, TnS Espace Grüber), conçu par le compositeur Sasha J. Blondeau et l’autrice Adila Bennedjaï-Zou. Enfin, impossible de ne pas citer un focus sur la création irlandaise (25-27/09). S’y croisent Stitch ’n’ Bitch, une nuit où le clubbing se fait expérimental (25/09, Karmen Camina), Land of Winter de Donnacha Dennehy et ses masses sonores granitiques (27/09, Salle de la Bourse) ou encore The Curing Line (26 & 27/09, Cité de la Musique et de la Danse). Dans cet opéra, Michael Gallen opère un grand syncrétisme – entre lyrique et pop, instruments traditionnels et textures industrielles, etc. – pour une variation autour du soin et de la guérison : si le point de départ se situe dans le conflit nord-irlandais, les résonances, elles, sont universelles.
En divers lieux de Strasbourg du 18 septembre au 4 octobre
festivalmusica.fr
> Dédié au jeune public, Mini Musica pose ses valises automnales à Colmar avec la complicité de la Comédie de Colmar (01-04/10)
comedie-colmar.com






