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Le Centre Pompidou-Metz explore Morellet à 100 pour cent

François Morellet, 4 trames 30° – 60° – 120° – 150° partant d’un angle du mur. Intervalles : hauteur du mur, 1977-2026, plats en aluminium recouverts de ruban adhésif noir Aluminiumschalen, mit schwarzem Klebeband beklebt, 575 × 7280 cm. Réactivation par le Centre Pompidou-Metz sur le Technicentre SNCF Wiederinbetriebnahme durch das Centre Pompidou-Metz im Technicentre der SNCF. Cholet, Estate François Morellet, 77072. En partenariat avec la In Zusammenarbeit mit der SNCF © Adagp, Paris, 2026 Photo : © Centre Pompidou Metz / Marc Domage / 2026 / Exposition Ausstellung François Morellet. 100 pour cent 100 für Hundert

Vaste rétrospective célébrant le centenaire de François Morellet, 100 pour cent s’épanouit entre raison et déraison, les deux pôles (dé)structurant sa trajectoire artistique. 

Pour fêter le centenaire de la naissance de François Morellet (1926-2016), cette ample rétrospective rassemble 100 œuvres, réalisées entre 1941 et 2016 par celui qui se définissait, en 1987, comme le « fils monstrueux de  Mondrian et de Picabia », rajoutant : « J’ai développé depuis 1952 tout un programme de systèmes aussi rigoureux qu’absurdes. » C’est cette oscillation ambivalente entre raison et déraison (toujours mâtinées de dérision) qu’explore un double parcours chronologique rendant justice à un « plasticien Janus » qui a porté très haut l’étendard de l’abstraction géométrique, en ne cessant de la déstabiliser. En guise de prologue, sont accrochées des peintures d’après-guerre, natures mortes ascétiques nimbées de tristesse où pointe déjà une appétence pour la géométrie. Initiant le versant « Raison » de l’affaire, ses premières toiles abstraites, nées au début des années 1950 après la découverte de Max Bill – géniteur de l’Art concret – se présentent au visiteur avec une rationalité aux teintes assourdies leur conférant une puissante mélancolie. Très rapidement, il met en place une systématique dans laquelle l’œuvre « doit être conçue avant d’être réalisée, puis exécutée d’une manière précise et neutre. Ce qui va contre toutes les idées reçues à propos de la peinture », nous confiait-il peu avant sa disparition. Inspiré par les mosaïques de l’Alhambra – et leur combinatoire all over –, notre homme crée des huiles sur panneau comme Violet-bleu-vert-jaune-orange-rouge (1953), hypnotique accumulation du signe « + ». 


Dès 1957, le plasticien décide en outre de recourir au hasard – devenu sa muse – pour générer ses compositions, histoire de tordre le cou au mythe romantique de l’inspiration. Pas étonnant de le retrouver parmi les fondateurs du GRAV (Groupe de Recherche d’Art Visuel), en 1960, visant à impliquer le spectateur dans le processus de l’œuvre et effacer la figure de l’artiste. Dans le volet « Déraison » de l’exposition se déploie la série Geometrees (initiée en 1983) – où la rigueur de la ligne croise l’imperfection de branches d’arbres – ou des pièces nées d’une suite de chiffres : « Quand j’en avais besoin de beaucoup, je prenais l’annuaire, mais rapidement, j’ai utilisé le nombre π, cette ironie mathématique qui ressemble à un pavé dans la mare de la rigueur scientifique avec ses décimales infinies », nous expliquait-il. Sa mathématique se fait alors à la fois barrée et baroque, à grands coups de pigments et de néons (mais pas que), jusqu’à la démesure : 4 trames 30° – 60° – 120° – 150° partant d’un angle du mur. Intervalles : hauteur du mur (1977-2026) sera ainsi réactivée sur la façade du technicentre SNCF de Metz.


Au Centre Pompidou-Metz jusqu’au 28 septembre
centrepompidou-metz.fr

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