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Hydroscape, somptueux paysages sous-marins de Nicolas Floc’h à Wattwiller

La Couleur de l’eau – du Rhin à la Mer du Nord, 2026 © ADAGP, Paris, 2026

À la confluence de l’investigation scientifique et de la création plastique, Nicolas Floc’h met au jour la beauté fragile des paysages subaquatiques dans Hydroscape.

Après plusieurs expositions monographiques et collectives très remarquées aux quatre coins du globe (Nouvelle-Orléans, Chine, Europe), Nicolas Floc’h jette l’ancre en Alsace avec une carte blanche déployant toute la richesse d’une œuvre inclassable et pluridisciplinaire. Faisant dialoguer photographie, installations et vidéo, le plasticien voyageur lève le voile sur son travail au long cours sur les espaces invisibles, porté par des expéditions l’ayant mené des rives du Mississippi aux confins de l’Arctique. 


Articulé en trois axes, le parcours s’ouvre sur ce que le Rennais qualifie de Paysages productifs. Une série de grands formats photographiques en noir et blanc emmène le visiteur au large des côtes bretonnes et normandes, à la découverte d’une flore bouleversée par le changement climatique. Jouant avec les échelles, la typologie botanique s’affranchit de la scientificité pure en renversant les perspectives. Ramenés au premier plan de la composition pour occuper tout l’espace pictural, d’inoffensifs laminaires irradient d’un onirisme féerique (Initium Maris, île de Molène), invitant à prêter aux fonds marins la même attention qu’aux paysages terrestres. Le cœur de la visite s’attache ensuite à l’impact des projets de récifs artificiels sur la topographie sous-marine en Europe et au Japon. Partageant sa fascination pour ces Structures productives destinées à préserver les ressources halieutiques, l’artiste en dresse un inventaire minutieux, documentant l’absorption lente par leur milieu d’implantation. Présentés au public sous forme de sculptures à l’échelle 1/10, ces éléments d’architecture prennent la forme de polyèdres minimalistes (Pyramide de chez Litoncosmo). Un large ensemble photographique met en lumière la poésie avec laquelle ils développent leur propre organicité au contact du vivant, faisant progressivement corps avec leur écosystème (Structure productive,  Kikaijima) jusqu’à s’effacer dans une symbiose donnant naissance à de vibrantes cités immergées (Structure productive, Tateyama). En clôture, la Couleur de l’eau documente un cycle initié en 2016 sur les variations biologiques des fleuves et océans. Du grenat au bleu pétrole, un vaste nuancier se décline selon que les prises de vue capturent l’ombre des profondeurs ou la luminosité en surface. Une section inédite, issue d’une résidence sur le Rhin achevée en 2026, ancre cette démarche dans le contexte local (La Couleur de l’eau – du Rhin à la Mer du Nord). S’appuyant sur un protocole scientifique rigoureux, la traduction de la qualité des milieux aquatiques en monochromes picturaux rend plus lisible la vulnérabilité de ces milieux naturels, faisant le lien entre sensibilité artistique et conscience écologique. 


À la Fondation François Schneider (Wattwiller) jusqu’au 20 septembre
fondationfrancoisschneider.orgnicolasfloch.net

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