L’œuvre étourdissante de Simon Fujiwara au Mudam
Au Mudam, A Whole New World, rétrospective kaléidoscopique dédiée à Simon Fujiwara, permet une réflexion sur le pouvoir des images.
Empruntant les codes des parcs d’attractions, cette présentation monographique de l’œuvre de Simon Fujiwara (né en 1982) emporte le visiteur au cœur de mondes « merveilleux » entrant en collision avec des questionnements actuels, allant de l’identité à la surconsommation. Protéiforme à l’extrême, l’art du plasticien britannico-japonais, placé sous le signe de Who the Bær (depuis 2020), personnage de dessin animé dégenré à l’identité flottante – sans cesse en quête de ce qu’il est –, tend un miroir à une société saturée d’images dans peintures, performances, narrations, etc.


Du post-Picasso version Guernica effondré, histoire de dénoncer l’absurdité d’une contemporanéité creuse (A Whole New World (for Who?), 2025), à une réflexion sur ce que peut être le « moi » à l’heure des réseaux sociaux – Joanne (2016-18) –, le discours est (im)pertinent. Hope House (2017-20), où il s’intéresse à la marchandisation des traumatismes historiques à travers l’exemple de la maison d’Anne Frank ou Syphilis: A Conquest (2020), interrogation sur la violence de la domination coloniale, montrent que son propos est éminemment inflammable, ne laissant, en tout cas, jamais indifférent.
Au Mudam (Luxembourg) jusqu’au 23 août
mudam.com




