Black Power

© Stephen Shames, Black Panther sells The Black Panther, the party's newspaper in the Roxbury section of Boston, 1970, Boston, courtesy Steven Kasher Gallery

Idées révolutionnaires et volonté d’auto-détermination, La Chambre présente un florilège de photos prises par Stephen Shames à partir de 1967 dans l’intimité des Black Panthers.

Octobre 1966. Malcolm X est déjà tombé sous les balles à Harlem. James Brown chante Say it loud, I’m black and I’m proud et la ségrégation raciale vit ses dernières heures légales. Le Black Panthers Party for Self-Defense porté par Bobby Seale et Huey P. Newton allait marquer les esprits. Art du look et de la mise en scène : bérets noirs et longues vestes de cuir. Armes visibles et patrouilles de surveillance des agissements de la police pour mettre fin aux brutalités et aux bavures. Coupe afro et fierté noire. Après la tentation du retour en Afrique de Marcus Garvey, la voie de la non-violence de Martin Luther King et l’égalitarisme dénonçant la violence raciale de l’impérialisme d’un Malcolm X bien décidé à ne pas tendre l’autre joue, c’est à Oakland que naissent les Black Panthers. Stephen Shames est alors un jeune étudiant de 19 ans. Introduit par Bobby Seale, il documente à sa manière le foisonnement de cette organisation que le pouvoir américain et le FBI ont tenté de discréditer en la noyautant de l’intérieur, en emprisonnant ses cadres et intellectuels quand elle ne les éliminait pas (Fred Hampton, George Jackson…).

© Stephen Shames, Black Panther sells The Black Panther, the party’s newspaper in the Roxbury section of Boston, 1970, Boston, courtesy Steven Kasher Gallery

To Be Young, Gifted and Black

De nombreuses photographies témoignent des marches et manifestations de protestation au son des «Free Huey» et «Free Angela» Davis dont la silhouette, coupe afro et harangue le poing levé traverse, depuis, les époques. Trop souvent réduit à ses démonstrations de force, armes au poing, ses atours martiaux et ses collusions avec des voyous, le Black Panther Party défendait activement un programme social et politique réclamant liberté et justice pour tous, qu’elles soient politiques ou économiques. L’ancrage tant social qu’éducatif ajouté à la volonté de donner un cadre à une communauté pauvre et délaissée se retrouvent dans le regard de Stephen Shames qui passa sept années à leurs côtés : déjeuners gratuits pour les enfants, programme de distribution de nourriture et d’habits aux plus pauvres, cours dispensés aux afro-américains… Au cœur de la folie des sixties, entre guerre du Vietnam, mouvement hippie, déferlement de drogue, libération de la femme et explosion des carcans familiaux, ils voulaient donner le pouvoir au peuple.

À La Chambre (Strasbourg), du 3 mars au 15 avril
la-chambre.org

> Projection de Free Angela and All Political Prisoners de Shola Lynch au cinéma Star (Strasbourg), vendredi 2 mars à 20h30

vous pourriez aussi aimer