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Zoom sur la 8e édition des Scènes sauvages

Les Aveugles © Pierre Rich

Pour sa 8e édition, Les Scènes sauvages se déploie à travers la vallée de la Bruche avec, entre autres, la création Les Aveugles de Marie Schmitt.

Dirigé par Charles Zévaco et Silvia Mammano, le festival des Scènes sauvages revient après une édition repensée. Il reconduit notamment ses Lectures du jardin (27 & 28/06, jardin de la maison Fritz Stephan), temps fort lancé l’an dernier visant à faire découvrir des textes contemporains non théâtraux, au sujet tenu secret. Parmi les 12 propositions, le public est également invité à se (re)plonger dans les deux premiers épisodes d’Hériter des brumes (26/06, Champenay, Plaine), feuilleton en six parties mis en scène par Julie Delille, directrice du Théâtre du Peuple de Bussang. Révélé à l’occasion des 130 ans de l’institution, il revient sur son histoire mouvementée, porté par un ensemble de comédiens professionnels et amateurs. Quant à la traditionnelle création, absente du précédent programme, elle est confiée à Marie Schmitt, membre de l’équipe artistique ayant fait ses premiers pas avec Intérieur, adaptation de la pièce de Maurice Maeterlinck montée lors des Scènes sauvages, en 2019. La jeune femme n’a pas fini de s’intéresser au travail de l’auteur belge, puisqu’elle se penche sur une autre de ses œuvres : Les Aveugles (30/06-04/07, parking de l’espace Apicole, Colroy-la-Roche).

 

« Il s’agit de ma deuxième mise en scène », explique-t-elle. « J’ai découvert Maeterlinck quand j’étais étudiante au Conservatoire de Colmar, et il ne m’a pas quittée depuis. Il développe cette idée que la vie des êtres humains est à la fois très cruelle et éminemment belle », poursuit-elle. Les Aveugles suit ainsi le malheur de 12 personnes atteintes de cécité, perdues dans une forêt, dont le guide a disparu. « C’est une pièce liée à la mort mais, particulièrement, à la vie. On a toujours l’impression que l’écrivain pose des contraintes : les protagonistes ont un handicap qui les rend vulnérables et, malgré tout, certains ont gardé une part de joie. » Interprétée par quatre artistes établis et dix amateurs, l’intrigue débute donc sur un parking, avant de se déplacer au milieu d’une petite parcelle entourée de sapins, plongée dans la pénombre. « J’avais envie d’entretenir un rapport très fort avec les éléments, d’évoquer l’incertitude grandissante de notre vie », reprend Marie Schmitt. Et de préciser : « Je ne souhaite ajouter aucun apport technique. Dans l’idée, tout est fait par les acteurs. Ce sont eux qui composent les bruits extérieurs, comme le vent, les oiseaux, le son d’une horloge que j’imagine sous la forme de deux pierres tapées l’une contre l’autre… » Quant au tout jeune enfant décrit dans le texte original, deux possibilités se dessinent : utiliser un poupon et faire jouer ses cris par un comédien, ou tenter l’expérience avec un vrai bébé. « L’une des interprètes vient d’accoucher. On s’est dit que ce serait cool que sa petite puisse venir, mais nous avons des scrupules. C’est un vrai gros sujet sur lequel nous travaillons », conclut-elle.


Dans la vallée de la Bruche du 26 juin au 5 juillet
les-scenes-sauvages.com

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