There is a light that never goes out

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À Karlsruhe, les Schlosslichtspiele éclairent la rentrée : vidéos et musique se mêlent pour un véritable festival des lumières.

 

Espace urbain au patrimoine remarquable, Karlsruhe est un lieu où la culture bat plus fort qu’ailleurs. En témoigne une initiative originale et pionnière, Kultur in Karlsruhe rassemblant ses institutions majeures. S’y retrouvent ainsi le Badisches Staatstheater, la Staatliche Kunsthalle, etc. Marque fédératrice et action permettant de positionner la ville comme une destination culturelle majeure, elle prend sous son aile de multiples initiatives au nombre desquelles figurent les Schlosslichtspiele (illuminations du château en VF) magnifiant l’édifice emblématique de la cité, érigé par le Margrave Charles Guillaume de Baden-Durlach. Elles furent créées en 2015 par Peter Weibel, directeur artistique et scientifique du ZKM. Après une édition 2020 virtuelle, l’événement est de retour in real life, essaimant dans une dizaine de lieux pour un véritable parcours en forme de festival. Parmi eux, mentionnons le Nymphengarten (10/09-03/10) où une installation de Nicola Falley évoque le château Amélie, presque intégralement détruit en 1944, et le magasin désaffecté situé Hebelstraße 21 (jusqu’au 17/09) métamorphosé en galerie pop-up, à l’initiative de Steffen Butz, avec des projections illuminant les vitrines.

Sur le château se déploient des éclairages artistiques avec deux mappings chaque soir, répétés en plusieurs boucles. Ils illustrent la place des expérimentations contemporaines débridées et autres innovations tous azimuts dans la ville, couronnée par le label Unesco City of Media Arts, le premier obtenu en Allemagne, du Creative Cities Network de l’Unesco. Au menu de l’édition 2021 – dont la thématique est “Prendre la vie en main” – se déploient plusieurs shows au nombre desquels figure Ganesis de l’artiste berlinois Spiegelball questionnement tourbillonnant sur ce qui succédera à l’Homme dont la bande-son a été composée par une IA. Quand l’humain s’efface… Citons aussi Karlskompensator, véritable retour vers le futur de Crushed Eyes Media et les Synthetic Sonnets d’Antonin Krizanic faisant coexister le corps baroque de l’édifice et le futurisme sur la Symphonie n°9 “du nouveau monde” de Dvořák puissamment réarrangée. Mention spéciale enfin à Nucleus fondée sur une composition de Wolfgang Rihm réalisée avec l’Institut d’informatique musicale et de musicologie et le ComputerStudio de la Hochschule für Musik. Des sons nerveux tiraillent, compressent, étirent et façonnent la lumière dans une composition tout à fait étonnante.


Sur la façade du Château et dans toute la ville (Karlsruhe), jusqu’au 3 octobre
schlosslichtspiele.info
kulturinkarlsruhe.de

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