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Seppuku. El funeral de Mishima, hommage nippon d’Angélica Liddell au TnS

Seppuku. El funeral de Mishima © Ximena & Sergio

La metteuse en scène espagnole Angélica Liddell revient avec Seppuku. El funeral de Mishima, création où hommage et controverse s’unissent pour explorer le tabou du suicide.

Si Angélica Liddell n’est pas connue pour aborder les choses avec le dos de la cuillère – en juillet 2024, à l’occasion de la 78e édition du Festival d’Avignon, elle avait ainsi créé la polémique en insultant des journalistes lors de son spectacle Dämon: el funeral de Bergman –, il en va de même pour la figure au cœur de sa nouvelle œuvre, Seppuku. El funeral de Mishima : le dramaturge japonais Yukio Mishima (1925-1970). Personnage clivant du paysage nippon, car défenseur d’une politique ultra nationaliste, il marqua les esprits en se donnant la mort face à 2 000 soldats, après avoir tenu un dernier discours sur sa volonté de voir le Japon impérial restauré. L’écrivain s’ôte la vie par seppuku, ou hara-kiri, éventration rituelle symbole de courage et d’honneur chez les samouraïs. La mort, sujet central du travail de cet homme, occupe également une grande place dans les pièces d’Angélica Liddell, elle qui mettait déjà en scène son enterrement dans Voodoo (3318) Blixen (2023), avant d’organiser l’oraison funèbre du réalisateur suédois Ingmar Bergman dans Dämon. Rien d’étonnant, finalement, à ce qu’elle s’intéresse au suicide d’un individu peu commun, la vie de personnalités servant d’ailleurs bien souvent de socle à ses projets.


Au plateau, six comédiens – dont la metteuse en scène – font l’éloge de la fin de Mishima, donnant sens au sous-titre contradictoire de la création : « el placer de morir » (« le plaisir de mourir »). De plus, Seppuku puise dans le répertoire de l’artiste japonais, notamment dans ses textes Le Marin rejeté par la mer (1968) – un jeune adolescent rencontre l’amant de sa mère, officier de la marine marchande qu’il idolâtre avant de le mépriser au point de préparer son assassinat – et Patriotisme (1961), dont un extrait interprété est la description, clinique et paradoxalement poétique, du suicide d’un lieutenant, devant sa femme. La pièce mêle aussi à son atmosphère violente, lyrique et érotique les chorégraphies traditionnelles du théâtre nô, art ancestral fusionnant chant et danse. À la fois dure, intime et intense, la proposition consacre toute une partie de son voyage à l’invocation des esprits de personnes décédées, les comédiens listant les noms et circonstances de leur disparition – pas forcément volontaire –, leur dédiant de petits haikus tout en se glissant dans leur peau. Il est certain que le théâtre de Liddell se veut challengeant et n’hésite pas à plonger dans le tragique de sa propre existence pour faire écho à la violence et à la dépravation de la société, comme elle l’a déjà prouvé avec La Casa de la Fuerza, où elle se confie sur ses troubles bipolaires et dit utiliser « la scène pour [s]e venger du monde ».


Au Théâtre national de Strasbourg du 29 janvier au 7 février
tns.fr

> Le TnS recherche des figurants et personnes pouvant réaliser des prises de sang au plateau (candidature à envoyer sur participer@tns.fr) avant le 15/01
> Séance du samedi 7 février programmée exceptionnellement à 6h30 du matin

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