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Rencontre avec Caroline Arrouas, metteuse en scène de Dora et Franz, Sauver le jour

Dora et Franz © Caroline Arrouas

Caroline Arrouas répare un passé tragique en nous conviant à l’union de Dora et Franz, Sauver le jour, création voyageant à travers le temps, la réalité et la fiction.

Vous êtes passée par l’École du TnS et montez à présent Dora et Franz, Sauver le jour avec une équipe qui y a aussi fait ses armes. Comment ce projet est-il né ?
C’est vrai, on vient à 100 % du Théâtre, mais ce n’est pas fait exprès ! Je suis originaire d’Autriche, un tout petit pays où les communautés sont très mélangées et métissées – ma mère est viennoise et mon père, un Juif marocain. C’est important, car Franz Kafka a grandi au cœur d’un empire austro-hongrois ayant ce même brassage. En plus d’être un auteur qui a compté pour moi, j’ai voulu faire entendre et ressentir la question du désir, très présente dans son écriture. Quand j’ai découvert l’histoire de sa rencontre avec Dora Diamant, cela m’a bouleversée. C’est la seule personne avec qui il a vécu, avec qui il s’est installé à Berlin alors qu’il était très malade. Toute sa vie, il a essayé de quitter Prague mais s’y sentait comme enfermé. Puis, avant de mourir, il la demande en mariage dans un acte insensé et le père de la jeune femme refuse. Selon la façon dont on l’interprète, on peut penser que c’est parce qu’il l’a suivie hors du sanatorium qu’il est décédé. Les témoignages disent pourtant que ça a été la plus belle période de sa vie.

Vous prenez part à la mise en scène aux côtés du comédien, chanteur et musicien Jonas Marmy. Impliquez-vous aussi des membres des familles des deux protagonistes ?
Travailler autour du rapport amoureux m’intéresse davantage. Il est plus difficile de le représenter au théâtre qu’au cinéma, donc il était important qu’ils ne soient que deux et que les spectateurs apparaissent comme les invités. En cherchant dans les biographies, j’ai eu envie de réparer ce mariage qu’ils n’ont pas eu en y incluant la musique klezmer, typique des cérémonies juives orientales et de cette culture dont Dora est issue. C’est un style très organique basé sur l’improvisation, les mélodies et les gammes chromatiques, comme dans le jazz, mais les instruments s’adaptent à ce qui se passe autour.

À quoi le début va-t-il ressembler ?
L’arrivée du public est travaillée de sorte à ce qu’il soit réparti dans la salle en trois groupes, comme dans les fêtes traditionnelles. Il découvrira ensuite une houppa, structure caractéristique des mariages juifs formée de quatre piliers en bois surmontés d’un voile. Tout tourne autour de la question de la pauvreté, car Dora et Franz vivent avec les moyens du bord. On demande donc aux spectateurs d’imaginer qu’il y a des fleurs, que Franz joue de la clarinette plutôt que du mélodica… Un pacte s’installe avec eux. Puis, on explique qu’ils attendent la lettre du père de Dora et, peu à peu, un premier glissement s’opère vers le passé et leur rencontre, au bord de la Baltique. La houppa évoque différents endroits, tout comme la lumière, le son ou l’action qui, en basculant légèrement, nous amène dans une réminiscence, avant de revenir au présent.


Au Théâtre national de Strasbourg du 30 mars au 11 avril et au Théâtre Dijon Bourgogne (dans le cadre du festival Théâtre en Mai, 22-31/05) du 22 au 24 mai
tns.frtdb-cdn.com 

> Surtitré en yiddish (09/04), en albanais et en alsacien (11 & 12/04)

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