Paroles… Paroles…

© Eric Meyer

Flash-back. Respectant une promesse de campagne, le Maire de Strasbourg Roland Ries lançait des Assises de la Culture (avril à novembre 2009). Des dizaines de réunions, des ateliers en veux-tu en voilà, des prises de position : on a beaucoup parlé, échangé, papoté et glosé. Les idées ont fusé. Les suggestions et les controverses furent légion. De ce vaste et coûteux (en temps et en argent) processus de concertation impliquant les acteurs de la vie culturelle – et tous les Strasbourgeois qui le désiraient – n’est… rien sorti.

Retour au présent. Réagissant à l’absence criante de la culture dans le Grand débat national, Beaux Arts magazine et la Fondation du patrimoine (sous le patronage bienveillant du Ministère) viennent de lancer une plateforme participative (granddebatculture.fr) et des débats publics dont deux rendez-vous parisiens majeurs (05/03 à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts et 10/03 au Centquatre). Les résultats de la concertation seront remis mi-avril à Franck Riester qui affirme : « Je serai particulièrement attentif aux propositions qui en ressortiront. » L’intention est certes louable pour ne pas dire sympa, mais le modus operandi agace. En mettant bout à bout les rapports, consultations, contributions et autres enquêtes dans le domaine, on obtiendrait sans doute un truc approchant de la distance reliant la terre à la lune.

Il est vain de construire les fondations d’une nouvelle usine à gaz. Plutôt que de se gaver de mots, il est plus urgent d’agir et de se confronter au réel, au risque de connaître une éclatante bérézina. À l’heure où Alain Finkielkraut est insulté en raison de sa religion, où les cimetières et les églises sont profanés, où la haine suinte du peuple de France, nous avons besoin, plus que jamais, de culture. Pas de mots et de bonnes intentions visant à dresser les contours d’une politique culturelle.