Overdooz

Photo de Mathilde Cybulski

Figure d’un rap qui transpire le bitume, le strasbourgeois Dooz Kawa retrace son parcours physique et spirituel dans Nomad’s Land.

« J’parais tellement vrai que j’dois être l’original de mon reflet » rappe Dooz Kawa dans Rester vrai (2001), alors qu’il est membre du collectif T-Kaï Cee qu’il crée en 1998, avant de faire carrière solo. Cette envie viscérale de partager son vécu et ce que la société l’inspire, pousse le rappeur, qui a grandi en Allemagne emménageant à 16 ans en banlieue de Strasbourg, à être garant de la véracité de ses textes. Pour rester vrai dans sa musique, aussi bien que dans ses émotions, il n’hésite pas à mélanger des sonorités tziganes empruntées au jazz manouche – il grandit avec cette musicalité comme voisine de palier, ce qui le pousse à collaborer avec Mandino Reinhardt, fils du guitariste Django Reinhardt d’origine alsacienne, dans Ballaïka (2010) – avec des samples hip-hop au saveur nineties. Catégorisé rap politisé, il revendique une musique qui a du fond et assume se nourrir de l’actualité et des autres arts (littéraire, plastique et cinématographique). Dans Nomad’s Land, son 5e album, Dooz Kawa, avec la tristesse gaie qui le caractérise, accepte les années qui défilent et retrace avec nostalgie ces instants de bonheur qui nous relient.


À La Laiterie (Strasbourg), samedi 15 février
artefact.org


Édité chez Erschienen bei Modulor Records (12€)
modulor-records.com

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