Oui c’est ça

Photo de Florent Drillon

Révélé en 2008, Caravan Palace revient avec Chronologic, son quatrième album qui accentue le virage electro du précédent. Précurseur d’un genre, le groupe conserve les sonorités vintage qui font sa patte.

Ce qui est à l’origine une bande de copains voulant faire du jazz manouche est devenu un grand de l’electro française. Arnaud (guitare), Hugues (violon) et Charles (contrebasse) – trio complété depuis par Antoine (machines) – associent la musique acoustique à l’électronique que chacun « nourrit au début par pur plaisir avec son synthé », s’amuse la chanteuse Zoé Colotis. Le point de départ ? La BO du pilote d’une émission pornographique rétro pour Canal qui n’aboutit pas en 2005. Qu’importe, le style atypique du groupe est né, associant swing et contemporain. Les retours positifs des premières compos les poussent à recruter une chanteuse. « Hugues a été sur Myspace et a recherché les mots clés chanteuse, electro et jazz et est arrivé sur mon profil… On s’est donné rendez-vous pour un bœuf à Paris. » Après avoir écumé les scènes des plus grands festivals (Coachella et Glastonbury), Caravan Palace assume une musicalité plus léchée amorcée dans <|°_°|>, son troisième opus. Une évolution de son « goût pour la production moderne et la musique dansante. Notre identité, c’est de mettre tout ce qu’on aime dans les chansons, des samples d’Audrey Hepburn aux sonorités jazz, synthé funk et voix rock, pour donner une couleur à l’album. » Cette liberté permet au groupe de se réinventer et de ralentir son tempo. Et on le ressent dans ses titres novateurs comme Leena, qui rythme une musicalité saccadée digitale par des insertions sauvages de saxo et d’un contre chant féminin « oui c’est ça », fragments sensuels pour amorcer l’explosion des bpm. Supersonic arbore quant à lui une mélodie eighties et une voix rock saturée, inédite pour le groupe. Le titre dansant Plume a un parfum de summer hit plus assumé que Russian, son prédécesseur, et qui donne à voir tout le potentiel du groupe à se réinventer. Comme à son habitude, ce dernier se cache derrière la figure d’un robot qui, dans son traitement esthétique des clips et autres goodies, incarne son évolution musicale. « Dès le début, nous voulions garantir un certain anonymat aux membres et aux musiciens. Le choix de cette figure de proue allie le vintage du gramophone à la modernité technologique. » Devenu buste gréco-romain après avoir écouté des vinyles sur la pochette de l’album éponyme en 2008, il s’intègre dans l’histoire des arts. Parce que la musique est ancestrale, que les robots ont toujours existé (à en croire la SF), Caravan Palace ne s’obstine pas à s’inscrire dans son temps mais cherche à « jongler avec les époques comme un hommage à ses influences et pourquoi pas, en inventer de nouvelles – d’où Chronologic. »


Au Zénith (Paris), samedi 7 mars
le-zenith.com

À Den Atelier (Luxembourg), jeudi 19 mars
atelier.lu

À L’Autre Canal (Nancy), samedi 21 mars
lautrecanalnancy.fr

Au Kaufleuten (Zürich), vendredi 8 mai
kaufleuten.ch

caravanpalace.com

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