Révélation masculine des Victoires de la Musique 2026, Sam Sauvage fascine : avec Mesdames, Messieurs !, premier album à la croisée des styles, il écume les festivals
Rock, pop, new wave ressortent beaucoup pour décrire votre disque, ainsi que nouvelle chanson française. De quoi s’agit-il ?
C’est un peu un bric-à-brac avec plein d’influences. Mais, en soi, la nouvelle chanson française reste de la chanson française. En écrivant Mesdames, Messieurs !, il n’y avait qu’une règle : ne pas m’ennuyer ! Il parle des gens plus que de moi, c’est plus amusant. On dit souvent qu’il traite des marginaux, mais pas que. Il raconte une certaine vision de la société, porte un constat sans être forcément engagé. Je ne cherche évidemment pas à l’imposer à qui que ce soit ou à émettre des jugements, c’est plus une sorte d’avis de comptoir.
On retrouve Les Gens Qui Dansent (j’adore) et La Fin Du Monde, extraits de votre précédent EP : pourquoi les avoir repris ?
Pour Les Gens Qui Dansent, c’est avant tout une raison commerciale [rires]. Les personnes sont dubitatives quand elles l’écoutent et ça me plait. Il n’est pas impressionnant musicalement, il n’y a pas de refrain, il est un peu hors format. Je me disais qu’après avoir fait un morceau comme ça, je pouvais ensuite faire ce que je voulais. Pour La Fin Du Monde, c’est le propos. Elle a été écrite en 2020, juste avant la Covid – j’ai eu du nez [rires] –, est sortie en 2024, est arrivée sur l’EP en 2025… Cette chanson continue de résonner avec l’actualité et la jeunesse qui se bat.
Écrire sur ce que vous observez conduit, entre autres, à Boulogne, hommage à la ville autant que dénonciation de la disparition des migrants en mer…
J’y suis né, donc il y a un côté chauvin assumé. Mais je ne voulais pas juste parler de sa belle histoire, la crise migratoire est un scandale qui existe. On fustige souvent les Boulonnais pour leur racisme – ce qui arrive, comme partout ailleurs –, mais j’ai également vu des pêcheurs sortir des migrants de l’eau. La musique est particulière. On a commencé avec un truc electro, des synthés classiques, ajouté une batterie, des basses très lourdes, comme pour évoquer un bateau qui tangue.
Il Pleut Des Femmes et Un Cri Dans Le Métro s’intéressent quant à eux à des sujets forts – féminicides et sans abris –, mais ont une ambiance totalement différente. Pourquoi opter pour une poésie imagée sur la première et une intensité brute sur la seconde ?
Dès que je parle de quelque chose qui me touche personnellement – là, une proche que j’ai perdue –, je me cache derrière des métaphores. J’aime le résultat d’Il Pleut Des Femmes, ce mélange de piano, synthé, contrebasse, mais avec le recul, je pense que ce serait mieux passé en simple piano-voix. Je me tâte d’ailleurs à faire cette version. Avec Un Cri Dans Le Métro, même si j’ai été témoin de la scène, je ne connaissais pas la personne. Musicalement, ça se rapproche de l’aspect atmosphérique et analogique du Britannique Leon Vynehall. J’aime photographier en musique. Pour représenter la lourdeur, l’ambiance pesante, on est par exemple parti sur une répétition de la batterie qui accélère, comme un train.
Aux Francofolies (Esch-sur-Alzette) vendredi 12 juin, au Festi’Neuch (Neuchâtel) samedi 13 juin, au Paléo Festival (Nyon) mercredi 22 juillet, à La Cartonnerie (Reims) mercredi 2 octobre, au Nancy Jazz Pulsations mercredi 14 octobre, à La Rodia (Besançon) jeudi 15 octobre, aux Docks (Lausanne) vendredi 27 novembre, à La Vapeur (Dijon) samedi 28 novembre, à La Laiterie (Strasbourg) dimanche 29 novembre et à den Atelier (Luxembourg) jeudi 25 février 2027
bio.to/SamSauvage

Édité par Wagram Music / Cinq7
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