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Hanns Zischler, invité d’honneur de la 22e édition d’Augenblick

Gottfried John dans in Huit heures ne font pas un jour Acht Stunden sind kein Tag (1972) de von Rainer Werner Fassbinder

Rassemblant courts- et longs-métrages, animation et autres documentaires sous le pavillon du cinéma de langue allemande, la 22e édition d’Augenblick s’annonce exaltante !

Si la filmographie de Hanns Zischler est impressionnante – il a tourné avec des metteurs en scène aussi différents que Chantal Akerman, Claude Chabrol ou Steven Spielberg –, il n’est pas uniquement comédien. Notre homme est aussi auteur, notamment du génial Berlin est trop grand pour Berlin, traducteur (de Jacques Derrida), photographe et bien des choses encore… Cette figure intellectuelle majeure de l’aire germanique est l’invité d’honneur d’Augenblick, où sont, entre autres, projetés Au fil du temps, road-movie onirique dans la RFA des seventies de Wim Wenders et Allemagne 90 neuf zéro, chef-d’œuvre de Jean-Luc Godard, variation mélancolique brillantissime sur l’histoire du pays. Le public découvre aussi Kafka va au cinéma que Zischler réalisa, partant sur les traces d’un écrivain fasciné par le 7e Art balbutiant. En compétition cette fois, se dévoile également Fatherland, où il interprète Thomas Mann, de retour en Allemagne en 1949 – il s’était exilé aux USA en 1938 – pour le bicentenaire de la naissance de Goethe. Avec ce film magistral, Paweł Pawlikowski, déjà auteur d’Ida et Cold War, continue à explorer les bouleversements de l’Europe de l’après-guerre. Sont aussi dans la course les très prometteurs Wolves de Jonas Ulrich, hallucinante plongée dans le black metal, et The Frog and the Water de Thomas Stuber, narrant l’improbable rencontre entre un jeune trisomique et un vieux gangster japonais taciturne.


Parmi les autres temps forts de l’évènement, citons une carte blanche confiée à Audrey Vernon – avec, par exemple, un épisode de Huit heures ne font pas un jour, série signée Fassbinder –, une compétition « courts » sacrément stimulante ou encore un focus sur Konrad Wolf, réalisateur incontournable de la RDA, intégrant Le Ciel partagé, un de ses films iconiques. Festival en prise avec son temps, Augenblick explore également des territoires sociétaux faisant écho aux préoccupations du public : intitulée Jeunesse engagée, des certitudes à la nuance, une section présente, par exemple, Drei Kameradinnen de Milena Aboyan, réflexion intelligente sur les stéréotypes racistes et le mécanisme de la haine ordinaire. Dans le focus opéré sur Généalogies intimes, identités d’aujourd’hui, impossible de passer à côté de Home Stories d’Eva Trobisch, variation d’une grande douceur sur les traces de l’Histoire encore présente dans l’esprit des Allemands qui génère un intense flou identitaire. Entre spectre de la dictature nazie, séparation et réunification au prix de l’effacement d’un pays, qui est Lea, 16 ans, qui vit dans l’ex-RDA ? 


Dans les cinémas indépendants du Grand Est fédérés par le Recit (Réseau Est Cinéma Image et Transmission) du 3 au 20 novembre 
festival-augenblick.fr

> Rencontre avec Hanns Zischler les 15/11 (Le Cosmos, Strasbourg) et 16/11 (Librairie Kléber, Strasbourg) et avec Audrey Vernon le 18/11 (Le Cosmos, Strasbourg)

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