In Silico décortique le corps humain, à La Chambre de Strasbourg
Avec In Silico, Emma Cossée Cruz poursuit son exploration de l’humain à travers les outils technologiques, élargissant encore son étude du monde médical.
Franco-chilienne basée à Marseille, Emma Cossée Cruz croise photos, vidéos, installations, sculptures et peintures pour interroger notre place dans la société ultradéveloppée contemporaine. Baptisé In Silico – du nom de la méthode d’expérimentation clinique fondée sur des modèles informatiques –, son nouveau projet est le résultat de résidences menées auprès de chercheurs, à Nantes et à Strasbourg. Parmi les quatre séries présentées, citons les clichés au titre éponyme immortalisant des simulations anatomiques et s’intéressant au concept de « jumeaux numériques », outil scientifique permettant de dupliquer, virtuellement, des parties du corps.
Réalia, métrage liant archives vidéo d’organes modelés numériquement et mouvements de tissage artisanal, mobilise pour sa part une myriade d’influences, rappelant par exemple que la fibre textile demeure l’ancêtre de la fibre digitale. Les Profondeurs, aquarelles conçues à partir de l’analyse de radiographies d’explants (implants défaillants ou arrivés en fin de cycle retirés aux patients afin d’être examinés), se déploient quant à eux dans une atmosphère bleutée propre aux abysses… ce qui n’est pas un hasard, puisque l’esthétique s’inspire de la Renaissance, où la représentation de l’Homme faisait la part belle aux allusions aquatiques.
À La Chambre (Strasbourg) jusqu’au 6 septembre
la-chambre.org



