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Cinderella, ballet légendaire de Stijn Celis au Saarländisches Staatstheater

© Pedro Malinowski

Le directeur de la danse du Saarländisches Staatstheater Stijn Celis ravive Cinderella, sa chorégraphie mythique.


Reconduit à la tête du ballet du Saarländisches Staatstheater jusqu’en 2030, Stijn Celis redonne vie à l’histoire de Cendrillon, dans une interprétation portée par les danseurs de la structure. Reprise il y a 15 ans, « elle a d’abord été créée en 2003 pour les Grands Ballets Canadiens, compagnie comptant plus de 30 danseurs. Là, ils sont 19, ce qui entraîne naturellement des répercussions sur les tableaux, apportant un nouveau regard sur le caractère de l’héroïne, qui a bien évolué », explique-t-il. À travers ce personnage en quête d’identité, le chorégraphe explore ainsi les relations humaines contemporaines : « Cette jeune femme est extrêmement résiliente et pétillante, elle n’est pas du tout mièvre, comme chez Walt Disney », poursuit-il. « Elle comprend qu’à travers ses propres ressources, elle peut s’émanciper de la toxicité de sa famille et ne pas répéter un schéma qui lui serait imposé. » Tout en gardant la sublime musique originale de Prokofiev (1891-1953) – performée en direct par l’Orchestre national de la Sarre –, Stijn Celis n’hésite donc pas à s’éloigner du conte et à modifier les motivations des protagonistes. Le prince n’est plus une simple figure enjolivée, mais un homme partagé entre obsession et volonté de s’affranchir des conventions de son milieu : « Dans ma version, c’est lui qui détient les chaussures et est à la recherche de la femme parfaite. Il souffre du complexe de Cendrillon ».


La place accordée à la mère de notre orpheline est une autre modification essentielle. Lui apparaissant en songe, elle assure également le rôle de la Marraine bienveillante. « La Fée est une forme enfantine », reprend-il. « Je voulais la rendre plus adulte, tangible. Faire d’elle la mère décédée donne l’opportunité à Cendrillon de se projeter dans sa mémoire et de trouver de nouveaux outils dans sa quête de transformation. » Arrivant pour la première fois sur la pointe des pieds « pour évoquer un souvenir lointain, idéalisé, éphémère », sa déambulation tranche avec le jeu caricatural des méchantes sœurs et de la marâtre – haussement d’épaules jusqu’aux oreilles, dos rond, bras ballants –, campées par des hommes, comme c’était déjà le cas au XXe siècle. L’atmosphère, irréelle, se prolonge aussi dans les décors. Le sol, parfois traversé de nuances diffuses, laisse poindre des formes biscornues, métaphore de notre monde en perdition. Au milieu d’immenses meubles que l’on croirait partis à la dérive ou d’une surprenante colline, recouverte par les axes colorés d’une carte routière, les artistes voguent entre rêve et réalité, la solitaire et délaissée Cendrillon mêlant regard perdu, gestes éprouvants et recroquevillés puis larges et assurés, avant d’arborer une robe rouge, sensuelle, « symbole de confiance qui aide à la distinguer des autres invités. »


Au Saarländisches Staatstheater (Sarrebruck) samedi 4, dimanche 12 et vendredi 24 avril, puis jeudi 7 mai, vendredi 5 et mardi 9 juin
staatstheater.saarland

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