Des expositions pour fêter les 120 ans du muséee historique de Haguenau
Le Musée historique de Haguenau célèbre ses 120 ans avec une série d’expositions mettant en lumière une institution unique en son genre.
Arrivés sur la place Albert Schweizer, on est pris d’un doute. Avec son escalier imposant, son fronton richement décoré et sa tour-porche massive, la bâtisse brouille les pistes. « On nous demande souvent si c’était une église à l’origine, mais non, cela a toujours été un musée ! », s’amuse Hélène Braeuner, directrice des Musées-Archives de la ville. À y regarder de plus près, le bas-relief en lettres gothiques coiffant la porte principale est sans équivoque. Nous voici devant un « Bibliothek Museum ». Sous le titre Inventer, réinventer son musée, trois expositions en dévoilent les singularités
En guise d’introduction, Rassembler les savoirs revient sur la genèse de l’édifice, fruit d’un engagement pour l’accessibilité à la culture dont l’une des étapes majeures fut la création, en 1837, de la bibliothèque communale. Mais c’est sous l’impulsion du maire Xavier Nessel, féru d’archéologie et de numismatique, que tout s’accélère. L’édile propose d’ériger un bâtiment pour conserver ses trésors, qu’il désire léguer à la municipalité. Le parcours revient sur le chantier, mouvementé, lancé en 1900 à l’issue du concours sélectionnant le projet de Richard Kuder et Joseph Müller. Ce duo, basé à Strasbourg – où il signe le Palais des Fêtes –, livre un véritable manifeste de l’architecture éclectique, croisant les styles Renaissance, gothique et Art nouveau. Dans le hall, un vitrail de Léo Schnug figure la comparution de Richard Cœur de Lion devant l’Empereur Henri VI en 1193. Plus loin, une statue de l’artiste et savante Herrade de Landsberg invite à accéder à l’étage, où se cache une remarquable coupole Art nouveau. Une grammaire ornementale qui ne doit rien au hasard : « Cette esthétique a une dimension hautement politique. Elle affirme l’identité germanique de la ville comme si elle avait toujours appartenu au Saint-Empire », résume Hélène Braeuner. Faisant un pas de côté, Photographies de Haguenau éclaire le contexte sociétal de la construction du musée, s’appuyant sur un corpus de clichés, cartes postales anciennes et extraits du journal de Léon Huffel, président de la Société d’Histoire et d’Archéologie haguenovienne, donnant à voir une cité en pleine transformation. Point d’orgue de la visite, Partager l’art de la céramique de Léon Elchinger dévoile une fraction de la superbe collection de poteries léguée par les époux Syring. Pièces animalières, iridescentes ou d’inspiration japonisante, les créations témoignent de l’étonnante modernité d’un art ancestral ayant contribué au rayonnement de l’Alsace.
Au Musée historique (Haguenau) jusqu’au 26 avril
haguenau.fr



