La compagnie de danse contemporaine Ballet BC invite à un rendez-vous en trois volets explorant, chacun à leur manière, la force du collectif.
Cette année, le Ballet BC fête ses quarante ans. Basée à Vancouver et emmenée par son directeur artistique Medhi Walerski depuis 2020, la troupe de danse contemporaine propose des pièces réalisées par un noyau de chorégraphes – on se souvient par exemple de Silent Tides, Heart Drive et Passing, déjà programmées au Grand Théâtre de Luxembourg en 2024. Parmi les trois artistes présentant aujourd’hui leurs travaux, un lien est aussi tissé avec le Nederlands Dans Theater. La première, Crystal Pite, réactive en effet Frontier, projet pour 24 danseurs initialement créé pour le NDT en 2008 et réajusté en 2024… pour le Ballet BC, à la demande de Medhi Walerski, qui a figuré dans la distribution de l’œuvre par le passé. Fascinée par les tableaux de groupe et les thématiques tournant autour des traumatismes, addictions et, plus largement, de la conscience humaine, l’ancienne ballerine du Ballett Frankfurt de William Forsythe explore ici la part d’ombre sommeillant en chacun, en la personnifiant. Aux côtés d’interprètes vêtus de costumes clairs, des silhouettes entièrement recouvertes de noir jouent avec leurs homologues de lumière, les attrapant ou s’extirpant de leurs bras comme pour tenter de les plonger, avec force et beauté, dans l’inconnu.
Le directeur artistique de l’institution canadienne lui succède avec SWAY, œuvre montée une première fois pour la formation néerlandaise, en 2019, puis réimaginée cinq ans plus tard. Ex-danseur du Ballet du Rhin et du NDT, avec qui il a coopéré pendant vingt ans, Medhi Walerski s’inspire du poème Hope is the thing with feathers (1862) de l’Américaine Emily Dickinson pour concevoir un septet hypnotique et gracieux, où duos et collectifs se mélangent. Ode au mouvement et à la capacité qu’a la danse de pouvoir communiquer sans un mot, SWAY donne corps à l’oiseau décrit dans les vers, cette petite boule de plumes chantant un air sans paroles sans jamais s’arrêter, contre vents et marées. Une allégorie parfaite de l’espoir, qui se trouve dans l’indicible. Quant à Shahar Binyamini, ancien collaborateur du NDT et chorégraphe du spectacle d’ouverture de la Fashion Week de Shanghai en 2022, il réinterprète l’œuvre iconique de Ravel, pour vingt personnes, dans BOLERO X. Étudiant toujours la répétition de la musique et des mouvements, il intègre son soliste dans les partitions de groupe, créant tout un environnement d’échanges, de pas de deux et de collégiales magnétiques.
Au Grand Théâtre (Luxembourg) jeudi 22 et vendredi 23 janvier
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