Give me the light

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Au Musée Zoologique de Strasbourg, l’exposition Lumière ! invite les curieux à Explorer l’impossible, ce phénomène physique complexe au rôle prépondérant – mais pas exclusif ! – sur la vie.

La lumière ? Sujet étonnant pour un musée zoologique, mais permettant de faire dialoguer plusieurs disciplines – biologie, physique ou géophysique. « Comprendre comment on construit une connaissance scientifique et comment elle évolue en fonction des époques », voici le pari de Sébastien Soubiran, directeur-adjoint du Jardin des sciences de l’Université de Strasbourg, co-organisateur de l’exposition. « La science n’est pas figée, il ne s’agit pas d’une vérité absolue », insiste-t-il. « Aujourd’hui encore, l’étude de la lumière, dans ses interactions avec la matière, permet de mieux comprendre l’infiniment petit ou l’infiniment grand. »

On débute l’exposition face à un mirage… celui qui trompe les pauvres Dupondt, morts de chaud, dans Tintin au pays de l’or noir. C’est un phénomène physique, non une illusion d’optique. Cette image permet d’illustrer le propos de Sébastien Soubiran : « Il ne faut pas interpréter hâtivement ce que l’on voit, mais toujours chercher à aller plus loin et ne cesser de poser des questions. » Le visiteur pénètre alors dans le bureau d’Augustin Fresnel, savant du XIXe siècle qui expérimenta la lumière grâce à différents instruments. L’Opticlab nous permet de l’imiter. Sans tablette interactive, mais avec différents outils optiques, Fresnel a défendu l’idée selon laquelle la lumière était une onde qui se déplace et va se projeter d’un endroit à un autre, non pas un corpuscule. Avec la découverte de l’atome et l’exploration de l’infiniment petit grâce à la physique quantique, au XXe siècle on se rend à l’évidence de la dualité de la lumière qui est à la fois une onde ET une particule. Et la lumière fut !

Ours à collier_05

La seconde partie de l’exposition prend d’abord la forme d’une escapade sur l’île de Bornéo où l’on découvre les différentes strates de la forêt, de la canopée jusqu’au sous-sol. Singes arboricoles, chats-ours, faisans… de nombreux animaux naturalisés issus de la collection du musée illustrent la diversité zoologique. Pour finir, on s’immergera dans les abysses des océans. « On a très souvent associé la lumière à la vie, mais nous avons découvert des spécimens vivants dans les fonds océanographiques dès le XIXe siècle. Les explorations sous-marines des années 1950 / 60 ont permis de découvrir ces écosystèmes in-situ : l’activité tectonique, la résurgence de magmas et l’émission de différents gaz permettent à la faune et la flore de se développer. » Même lorsque l’obscurité est totale, la vie est possible : ne pas se fier à ses certitudes, se méfier des mirages.

 

Au Musée zoologique (Strasbourg), jusqu’au 31 décembre

www.musees.strasbourg.eu

Visuels :

Ours à collier
© Musée Zoologique de la Ville de Strasbourg

Faisan de Bulwer
© Musée Zoologique de la Ville de Strasbourg

Emmanuel Dosda
Emmanuel Dosda
journaliste
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