Le passé franco-allemand avec Trésors d’archives à Montbéliard
Entre conflits, échanges et coopération, Trésors d’archives, 750 ans de rencontres franco-allemandes revient sur huit siècles d’une relation riche en rebondissements.
Imaginée à l’initiative des Archives de l’État du Bade-Wurtemberg, du Consulat général de France et du Landesmuseum de Stuttgart à l’occasion des 75 ans de l’Institut Français de la cité allemande, cette exposition débarque en France, après avoir été présentée outre-Rhin, faisant peau neuve pour l’occasion. Rebaptisée, la nouvelle mouture s’enrichit ainsi de pièces historiques issues des archives municipales de Montbéliard, inédites pour certaines. Le parcours s’articule autour des aspects les plus saillants du lien unissant la métropole souabe et la Cité des Princes, de 1274 à nos jours.
En introduction, Dynastie donne à voir la place centrale de la famille régnante germanique dans le jeu des alliances matrimoniales. Les mariages liant autant les époux que les territoires, une histoire commune se tisse au gré des unions. Impeccablement conservés, les contrats scellant les partenariats entre les Wurtemberg et le duché de Montbéliard ou encore la Maison Bonaparte (Le Mariage entre Jérôme Bonaparte et Catherine de Wurtemberg, 9 septembre 1806) illustrent une influence de l’aristocratie persistant bien après la Révolution française. Religion évoque ensuite les particularismes spirituels locaux, notamment la portée politique du protestantisme. Luthérien, le Wurtemberg accorde l’asile aux Huguenots et Vaudois réformés dès les années 1700. Revendiquant un piétisme éclairé, le duché refuse le rationalisme anticlérical des Lumières, formant jusqu’à la fin du siècle un foyer intellectuel unique. Arts et culture met au jour une fascination réciproque. Si le savoir-faire des artisans d’outre-Rhin séduit Henri IV au XVIe siècle, le style français inspire à son tour les artistes baroques et classiques du Wurtemberg. Le néoclassicisme du château de Rosenstein, conçu par un ancien architecte de Napoléon Ier et dont les esquisses sont présentées au public, témoigne de la longévité de cette synergie. Plus prospectif, le diptyque final se consacre à la guerre et à la réconciliation. Des premières tensions autour des velléités du prince Léopold de Hohenzollern-Sigmaringen vis-à-vis du trône d’Espagne, en passant par les dissensions concernant le statut de l’Alsace et de la Lorraine, le Wurtemberg demeure au cœur des enjeux contemporains. Après la chute du régime nazi, le Sud-Ouest de l’Allemagne prend un nouveau départ démocratique. Temps forts de la visite, le discours à la jeunesse allemande de Charles de Gaulle au château de Louisbourg en 1962, puis le jumelage inédit entre le Versailles souabe et Montbéliard au printemps suivant, posent les premières pierres d’une coopération entre les belligérants d’autrefois, confirmant l’enracinement de la cité doubienne dans l’histoire européenne.
Au Musée du Château des Ducs de Wurtemberg (Montbéliard) jusqu’au 14 février 2027
chateaumontbeliardwurtemberg.fr


