Völklingen célèbre la biennale de l’art urbain

Roadsworth, Markus Trennheuser

La 6e UrbanArt Biennale investit la Völklinger Hütte, fleuron sidérurgique classé au Patrimoine culturel mondial de l’Unesco.

Si les hauts fourneaux de Belval sont au cœur d’Esch 2022, capitale européenne de la culture, la silhouette de béton brut et de tuyauteries dominant le paysage de la petite ville de Völklingen n’a rien à leur envier. À quelques kilomètres de Forbach et de Sarrebruck, la plateforme du gueulard culmine toujours à 45 mètres du sol, offrant un point de vue à nul autre pareil sur la monumentale aciérie sarroise. L’ancienne salle de mélange, véritable ventre du lieu où étaient stockées et convoyées les matières premières, sert aujourd’hui d’espace d’exposition pour œuvres réalisées in situ. Dans l’obscurité des profondeurs de la salle des minerais, Maxime Drouet a placé son installation Vitrail : des peintures sur verre qui ornent les fenêtres et portes d’un train, écho aux premiers graffs recouvrant les wagons du métro new-yorkais. Ses coulures flashys rétro-éclairées sont autant d’abstractions à contempler sur une bande son signée DJ Pone. Sur le toit, les frères Icy & Sot rendent hommage aux milliers de travailleurs s’étant éreintés dans ce monstre de bruit et de fureur. La Golden Pyramid de ces Iraniens ayant posé leurs valises à Brooklyn véhicule une fascination de masse, géométrique et uniformisante. À proximité, le duo frenchy Lek & Sowat trace sur la façade en verre des formes et lettrages ressemblant à des plumes de Quetzalcoatl.


Les noms des artistes de la biennale s’y distinguent de plus près. Sur le toit et le poste de commande, ils remettent ça avec leur typographie réalisée à main levée, de concert avec leurs comparses Katre, Obsolettrismes et Sethone. Magique de loin, il faut s’en approcher pour mieux l’appréhender. Dans la tradition des writers, le Montréalais Peter Gibson, alias Roadsworth, signe le slogan Defund the War Machine. Les caractères d’écriture entremêlés et comme condensés se répartissent sur 35 mètres de large et 95 de long, à cheval sur le faîte du toit. Cette dénonciation du complexe militaro-industriel ne se distingue qu’au sommet de la plateforme du gueulard. Autre figure connue, Rero dissémine ses messages barrés aux quatre coins du globe. Sur l’immense mur de poussière de 125 mètres, il inscrit en blanc Hell-O-World. Selon l’endroit d’où l’on regarde, il est possible d’y lire une ouverture sur le monde (Hello World, qui est aussi le slogan des lieux), comme un enfer sur terre, ce qu’il a longtemps été pour ses ouvriers. Parmi nos coups de cœur : les Quatre (brûlantes) saisons de WD. À l’instar des artistes de la Renaissance, il peint dans l’ancienne cokerie quatre icônes dont la toile prend feu, d’une part ou d’une autre, écho aux dégâts du réchauffement climatique entraîné par l’industrie sidérurgique. Enfin, Pascal Boyart – dit Pboy – revisite les Three Graces de la mythologie grecque, dansant nues sur un sol tapissé de masques chirurgicaux. Tel un cadeau gracieux, de vrais exemplaires de cet accessoire de protection ayant envahi nos vies traînent au sol, comme tombés de la toile. Grinçant.


Au Patrimoine mondial Völklinger Hütte (Völklingen) jusqu’au 6 novembre
voelklinger-huette.org 

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