Casino Luxembourg : voyage sonore avec Sound without Music

© Mike Zenari

Avec Sound without Music, le Casino Luxembourg explore la création sonore contemporaine et les nouvelles esthétiques phoniques. 

A l’intersection des beaux-arts et de la musique, les arts sonores ont longtemps été regardés avec une certaine circonspection par les institutions muséales comme par le grand public. Ils ne datent pourtant pas d’hier, eux qui furent mis sur le devant de la scène dès les années 1950 par les avant-gardes minimalistes, de l’inclassable John Cage aux doux dingues américains du mouvement Fluxus (George Maciunas, Nam June Paik, Yoko Ono, etc.), en passant par les expérimentations radiophoniques de Pierre Schaeffer. Depuis, des générations successives de manipulateurs soniques et autres créateurs acousmates ont creusé le sillon, entre expérience auditive, found footage, théâtralité, spoken word, performance et distorsion. Sound without Music donne à écouter les esthétiques émergentes, invitant les jeunes artistes du moment (Allemands, Néerlandais, Italiens…) à faire résonner l’espace du Casino – Forum d’art contemporain luxembourgeois. Par le biais de cette « exposition en forme de festival, où les installations “physiques” se mêlent aux œuvres éphémères en live, dans une pluridisciplinarité caractéristique de l’ère du temps », souligne la commissaire de la manifestation Anastasia Chaguidouline, sont posées « les questions de savoir ce qu’est la musique, le son, son rôle social – voire commercial – de nos jours, d’interroger nos principes et rituels d’écoute, etc. » 

 

 

Les pratiques actuelles se tiennent pour la plupart dans cet interstice, ce point ténu de basculement entre son pur et composition mélodique. Ainsi en est-il des puissants et poétiques sets d’improvisation narrative de Lorenz Lindner (alias Molto, un plasticien originaire de Leipzig), conçus comme de véritables sculptures phoniques, modelées à partir d’objets de récupération, de légères nappes de synthés et de bruits glanés sur les banques de sons. Avec Matter of deep dreaming (en photo), Andrea Mancini mène quant à lui une expérimentation audio-visuelle, travaillant sur les frictions entre textures et impressions antagonistes à base d’images issues de l’intelligence artificielle et d’ambient sound généré par des machines. Allongés par terre, les visiteurs regardent vers le ciel numérique créé par l’artiste, enveloppés de notes atmosphériques. D’un espace l’autre, c’est comme si chacun des plasticiens invités cherchait à attraper l’obscur matériau intangible. Parmi eux, à ne rater sous aucun prétexte, il y a encore Thomas Ankersmit (le 26/11 à la Philharmonie et le 27/11 au Casino), qui donnera notamment son inénarrable Perceptual Geography, brillante et viscérale pièce électro-acoustique composée en hommage à Maryanne Amacher, pionnière de ce que l’on nomme aujourd’hui… l’art sonore. 


Au Casino (Luxembourg) jusqu’au 27 novembre
casino-luxembourg.lu 

> En postlude à l’exposition, deux documentaires musicaux seront projetés à la Cinémathèque de Luxembourg : Tony Conrad, Completely in the Present, de Tyler Hubby, et The Delian Mode, de Kara Blake (01/12, 20h30) 

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