A family affair

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La famille Carter, Don’t Forget this Song : une BD sans fausses notes, hyper documentée, qui nécessita des années de recherches et de travail. Un roman graphique retraçant l’histoire des Carter, famille de musiciens country qui sauva la culture folk de l’oubli et influença plusieurs générations d’artistes.

Comme chez Robert Crumb, musique roots américaine et bande dessinée font excellent ménage. Il faut dire qu’il s’agit là d’un livre inspiré par « la musique intemporelle et ensorcelante » des Carter, comme l’écrivent les auteurs en postface. On parcourt les cases et les 43 chapitres comme on écoute les chansons mélancoliques de la Carter Family, séduits par l’aventure humaine et artistique d’une dynastie dont l’œuvre sert de fondement à la musique d’aujourd’hui.

Grâce aux Carter, « tout un répertoire de ballades anglo-saxonnes a été sauvé de l’oubli au tournant du XXe siècle et réintégré dans la culture populaire », affirme Frank M. Young, auteur et journaliste, dans son intro à un ouvrage qui s’ouvre sur un arbre généalogique, nécessaire à la bonne compréhension de cette saga.

Au début du XXe siècle, A.P. Carter, en compagnie de sa femme Sara, commença à exhumer les ballades de sa Virginie natale qui bercèrent son enfance. Ils partagent leur amour pour la musique des pionniers et interprètent des chansons folk, dans leur plus simple appareil. Quelques années plus tard, Maybelle, la femme du frère d’Alvin Pleasant, se joint au duo qui connut la gloire à la fin des années 1920 où ils enregistrent des disques, leurs gamins sous le bras, et se produisent en live, dans des salles partout en Amérique ou à la radio.

Leurs enregistrements se vendent « comme des p’tits pains chauds », ce qui ne les empêchent pas de vivre des moments difficiles, la Grande Dépression montrant le bout de son nez menaçant. Le public est friand de la voix de Sara, du jeu de guitare de Maybelle et de la passion (dévorante) d’A.P. pour les vieilles rengaines immortelles, Alvin Pleasant se livrant à un minutieux travail d’enquêteur qui rappelle la démarche des auteurs de l’ouvrage…

Le succès est au rendez-vous pour ces fermiers / musiciens qui se retrouvent (déjà…) confrontés à la mécanique de l’industrie musicale et aux problèmes de couple, dans une Amérique rurale dépeinte avec justesse, dans un style délicieusement vintage, par David Lasky. Plus tard, les filles de Maybelle rejoignent le groupe. Parmi elles, une certaine June, future compagne et comparse de Johnny Cash. Mais ça, c’est une autre histoire.

La famille Carter, Don’t Forget this Song

Par Franck M. Young et David Lasky (24 €)

Édité par La Pastèque

www.lapasteque.com

Emmanuel Dosda
Emmanuel Dosda
journaliste
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