OBEY

Bassiste et platiniste, Robert Le Magnifique est le Shiva de la scène electro. Dans le cadre du festival Natala à Colmar, il propose, en trio, un ciné-concert sur Invasion Los Angeles de John Carpenter. Allez-y, c’est un ordre !

Votre nom de scène a un rapport avec Gatsby le magnifique et Robert Redford qui l’incarna à l’écran en 1974 ?

Non, Robert le Magnifique est le père de Guillaume le Conquérant. Il est Normand, comme moi. J’ai opté pour ce nom de scène car je m’appelle Franck Robert, tout simplement.

C’est dur à porter ?

Il faut l’assumer, même si je trouve que “Robert” annule “Magnifique”…

Vous travaillez régulièrement pour David Gauchard avec lequel vous avez notamment monté un Hamlet hip-hop. Comment avez-vous rencontré ce metteur en scène ?

Par une amie d’enfance. Pour sa mise en scène d’Ekatérina Ivanovna de Léonid Andreïev, il cherchait un musicien qui retravaille la Troisième Symphonie du compositeur contemporain Henryk Górecki afin de l’utiliser dans la pièce. Il m’a demandé de jouer live, durant le spectacle. Ça fait maintenant dix ans que nous collaborons ensemble et nous avons pu trouver un protocole de travail : je m’adapte au rythme des comédiens et inversement.

Pourquoi ce ciné-concert sur Invasion Los Angeles ?

C’est une proposition du guitariste, Guillaume, qui travaille également pour le festival de cinéma Travelling à Rennes. Le batteur Jean Lebon nous a rejoint. Je ne connaissais pas le film avant ça, mais j’avais des images en tête, notamment celle du dirigeant politique faisant un discours avec écrit OBEY derrière lui.

Lors de vos lives, vous bidouillez vos machines, scratchez et jouez de la basse… C’est reposant de ne pas tout faire seul avec ce nouveau projet ?

On m’a proposé un ciné-concert en solo sur La Boum, ce qui change des films muets régulièrement mis en musique… mais ça ne m’intéressait pas trop d’être seul. En groupe, il y a un côté équipe de foot que j’apprécie bien.

La BO d’origine est signée Carpenter… [il coupe]

Tout le monde crie au génie et vénère le son “mortel” de Carpenter, alors qu’il s’agit avant tout d’un souci de budget : il ne pouvait pas se payer de musicien et de bon matos !

Vous vous en inspirez ?

Non, nous faisons du rock bien bourrin qui n’a aucun rapport avec la bande originale. J’ai beaucoup fait de hip-hop, notamment avec les rennais Psykick Lyrikah, mais je viens de Sepultura ! L’acteur principal d’Invasion Los Angeles, l’ancien catcheur Roddy Piper, est habillé en jean neige avec une grosse chemise à carreaux. Le son métal un peu dur correspond au personnage et au film. Il est intéressant car il enchaîne des scènes de baston un peu nanar, et d’autres incroyables, qui résonnent avec l’actualité : le moment où la police détruit un campement rappelle étrangement le démantèlement de ceux des Roms ayant eu lieu en France ces dernières années.

Si vous pouviez glisser des messages subliminaux dans votre musique – comme « Obéis », « Reste endormi » ou « Ne conteste pas les ordres », qui envahissent le ville –, quels seraient-ils ?

Je n’ai pas de message à faire passer… Pour paraphraser Gainsbourg, je considère la musique comme un art mineur, un divertissement.

Ciné-concert They live we sleep par Robert Le

Magnifique, samedi 20 juillet dans le cadre du festival Natala à Colmar – www.hiero.fr

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