Maëlle Poésy incarne le Théâtre en Mai

Photo de Dracula Lucy’s Dream par Christophe Raynaud de Lage

Pour sa première édition du festival Théâtre en Mai en tant que directrice du Théâtre Dijon Bourgogne (TDB), Maëlle Poésy donne voix aux écritures pluridisciplinaires et à l’émergence.

À 37 ans, Maëlle Poésy rappelle avec bonheur qu’à sa sortie de l’École du TNS en 2010, c’est à Dijon qu’elle crée sa compagnie Crossroad avec d’anciens camarades de promotion. Bien avant que Benoît Lambert n’en fasse l’une des artistes associées du TDB – et qu’elle ne lui succède –, Théâtre en Mai a constitué un tremplin pour plusieurs de ses pièces. Un lieu où se faire connaître par les professionnels. Depuis, il y eut l’opéra Orphée et Eurydice de Gluck et deux sélections dans le in d’Avignon, Ceux qui errent ne se trompent pas avec son complice dramaturge de toujours Kévin Keiss et Sous d’autres cieux en ouverture de l’édition 2019. Aujourd’hui à la tête du CDN bourguignon, elle n’entend pas lâcher ce rendez-vous phare ne succombant pas aux tentations de table rase de certains nouveaux arrivants. La metteuse en scène souhaite non seulement poursuivre le travail de soutien à l’émergence, mais aussi ouvrir la programmation de l’événement à des écritures pluridisciplinaires qui devraient rayonner dans l’espace public, et donc, dans toute la ville. 

Ce 32e festival accueillera ainsi trois phénomènes du théâtre : Tiago Rodrigues1 reprenant sa première pièce, Choeur des amants (23 & 24/05, Théâtre Mansart), Miet Warlop revisitant une ancienne création 10 ans plus tard (After All Springville2, 27-29/05, Parvis Saint-Jean) et Yngvild Aspeli, nouvelle artiste associée. La Norvégienne présente son dernier projet autour du chef-d’oeuvre de Bram Stoker (Dracula Lucy’s Dream, 19 & 20/05, Parvis Saint-Jean). L’intrigue est resserrée autour d’une des premières victimes du vampire, et son combat contre son démon intérieur. Une exploration de la folie, des pulsions de domination et de mort à partir de grandes marionnettes plongeant dans les ténèbres de nos âmes. Venue d’Espagne, Lucía Miranda s’attaque dans Casa (19-21/05, Salle Jacques Fornier, en espagnol surtitré en français) aux problématiques du droit au logement dans un théâtre documentaire flirtant avec les sciences sociales. Autre pièce en prise directe avec le monde, L’Âge de nos pères (19-21/05, Théâtre Mansart) explore divers aspects de la violence du patriarcat (sexualité, paternité, masculinisme…) sous la plume engagée de l’autrice associée Julie Ménard. Dans les coulisses du montage (et donc des choix) d’un documentaire, l’équipe du collectif l a c a v a l e se questionne sur la possibilité de retrouver une égalité dans un monde qui en est dépourvu. Mais surtout de saisir de quelle peur la violence des hommes provient. Enfin, ne manquez pas la création de Maëlle Poésy, Gloire sur la terre (06/05 MJC Montchapet, 07/05 Cercle laïque et 22-26/05, Cour de Bar, Palais des Ducs). Comme sur un ring de boxe, Marie Stuart y affronte ses usurpateurs dans un texte poétique signé Linda McLean. Une joute verbale opposant le fanatisme religieux et la lutte contre l’obscurantisme, portée par six jeunes comédiens tout juste sortis du dispositif d’accompagnement du TDB.


Au Théâtre Dijon Bourgogne et dans l’espace urbain du 19 au 29 mai
tdb-cdn.com

1 Lire notre interview avec le prochain directeur du festival d’Avignon
2 La pièce est également à l’affiche de La Manufacture (Nancy) 17-19/05 et du Passages Transfestival 21 & 22/05

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