Colère à l’est

Photo de Jean-Louis Fernandez

La saison estivale du Théâtre du Peuple – Maurice Pottecher est marquée par des adaptations de textes de Nicolas Mathieu et Stig Dagerman par Simon Delétang. Interview.

Après Magali Mougel, vous montez un autre auteur vosgien, Nicolas Mathieu1. Comment avez-vous adapté le Goncourt 2018 ?
J’ai gardé les jeunes protagonistes, en plein éveil à la vie et à la sexualité, laissant de côté la partie roman noir et les parents. La pièce durera 3h15 avec entracte mais ce sera Leurs enfants après eux, sans eux (rires). Je veux montrer la vitalité de la jeunesse malgré des parents alcooliques et chômeurs après la fermeture des usines, ayant pour seul horizon l’armée ! Cet éveil du printemps contient de nombreuses scènes explicites. Mon intérêt pour ce théâtre du récit est un travail nouveau pour les jeunes comédiens de la 80e promotion de l’Ensatt2 dont je suis le parrain. Ils sont 13, sans cesse au plateau, à devoir, mine de rien, porter de la grande littérature.

Ce roman est celui de votre génération plus que de la leur. Qu’apporte cet écart ?
Très vite, ils se sont reconnus dans le roman, même si les marques de produits citées leurs sont inconnues, le trouble de l’adolescence leur a parlé. Ils viennent plutôt de villes moyennes et de villages, ce qui aide aussi. À la nostalgie romantique de Nicolas Mathieu, nous apportons beaucoup d’humour. Cette promotion est moins attachée au versant social et politique de l’œuvre, ce qui nous détourne de tout misérabilisme.

 

Entendra-t-on des YZ trafiquées dans la forêt de Bussang, comme promis ?
Définitivement oui, j’embarque les jeunes du village pour pétarader comme à la campagne, ce qui ne sera pas possible à la création à Lyon. Cette partie de ma jeunesse n’a pas changé, donc ça marchera à fond.

Le théâtre-récit à dominante littéraire n’est que peu abordé dans les écoles. Comment avez-vous travaillé ?
Ils n’avaient jamais abordé ni le récit, ni le travail au micro. Être tout le temps face au public a été, pour eux, une autre difficulté. Il leur a fallu me faire confiance pour se décoincer en s’appuyant sur la puissance du verbe.

Cette proposition voisine avec votre mise en voix et musique live, avec le groupe Fergessen, d’un texte empli de mélancolie et de rage de Stig Dagerman…
Notre besoin de consolation est impossible à rassasier est un texte puissant, une catharsis intime qui résonne avec notre époque. Nous l’avions créée à la fin de l’été dernier suite à l’annulation de la saison et nous le reprenons, comme un oratorio rock salvateur.


Leurs enfants après eux, à L’Ensatt (Lyon) jusqu’au 6 juillet, dans le cadre du festival des Nuits de Fourvière (gratuit), puis au Théâtre du Peuple (Bussang), du 12 août au 4 septembre (du jeudi au dimanche)
nuitsdefourviere.com
theatredupeuple.com

Notre besoin de consolation est impossible à rassasier, au Théâtre du Peuple (Bussang), du 24 juillet au 4 septembre (les week-ends)
theatredupeuple.com

1 Voir Poly n° 216 et n°234
2 École nationale supérieure des Arts et Techniques du Théâtre

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