Cent Cézanne

Paul Cézanne, Montagne Sainte- Victoire, 1890-1895 © Scottish National Gallery, Édimbourg

En regroupant des œuvres prêtées par des institutions internationales, la Staatliche Kunsthalle Karlsruhe signe l’une des grandes expositions de cette fin d’année : CÉZANNE. Métamorphoses.

Peintre autodidacte et besogneux, qui passa ses jeunes années parisiennes à noircir des carnets entiers au Louvre en copiant les grands maîtres à défaut de réussir le concours des Beaux-Arts, Paul Cézanne ne connut la reconnaissance qu’il méritait qu’à la fin de sa vie. Fils d’un bourgeois d’Aix-en-Provence, chapelier devenu banquier lui conférant une assise matérielle certaine, il fréquenta assidument Pissarro mais aussi Renoir, Monet, Sisley avant que son ami d’enfance, Émile Zola, ne lui présente Manet. Pas de quoi lui ouvrir les portes du Salon Officiel de Paris pour autant. Malgré ses appuis et demandes répétées… Pire, invité par ses amis impressionnistes à leur première exposition, ses toiles sont conspuées par la critique. Cela n’empêcha pas celui qui fut plus proche du romantisme de Delacroix que des tentations impressionnistes de devenir – au fil d’évolutions tant techniques que formelles – l’un des peintres, si ce n’est LE peintre – dont l’apport à l’Art moderne fut décisif, inspirant les fauves autant qu’il fascina plus tard les cubistes. Tournant le dos au thématisme ou aux présentations chronologiques habituelles, la Staatliche Kunsthalle Karlsruhe met en regard une centaine de ses œuvres sous le prisme des correspondances unissant ses toiles par-delà les sujets (portraits, paysages et natures mortes), tout en développant les rapports qu’il entretint sa vie durant pour la copie de chefs-d’œuvre, déterminante dans son processus créatif.

Paul Cézanne, Portrait d’un paysan, 1905/06 © Museo Thyssen-Bornemisza, Madrid

Enfin, ce sont les correspondances sensorielles qui sont mises au jour : le feuillage d’un arbre à l’aspect cristallin et liquide répondant à des cieux ou des eaux dotés d’une matérialité puissante (Le Pont de l’île Machefer à Saint-Maur-des-Fossés, 1895/98). Pour cela, Cézanne a délaissé ses couleurs épaisses et souvent sombres des débuts au profit d’une palette plus claire, s’attelant à réinventer les relations entre surface, formes et espaces. Sa touche se raccourcit et l’abstraction gagne ses (faussement) immobiles paysages où la géométrie des aplats de couleur éblouit. Ainsi en va-t-il aussi des nombreuses vues de la montagne Sainte-Victoire aux formes éclatées et au ciel dans lequel viennent se jeter des taches de nature, mais aussi des Baigneuses dont le rythme des contours et des teintes appelle déjà les révolutions picturales à venir. Son Portrait d’un paysan (1905/06) dont le visage nous échappe se confond, lui, quasiment avec le feuillage environnant. Et que dire des Rochers à l’Estaque (1882-85) comme des incroyables versions évolutives des Lauves (Le Jardin des Lauves) du début 1900 dont la flamboyance et la retenue dans la recherche de l’essentiel marquaient un temps d’avance inspirant pour ses pairs, notamment les plus jeunes.

 À La Staatliche Kunsthalle Karlsruhe, du 28 octobre au 11 février 2018

kunsthalle-karlsruhe.de 

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