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Depuis 15 ans, la maison d’édition strasbourgeoise Callicéphale publie des kamishibaïs destinés aux petits. Kamiquoi ? Des théâtres d’images à découvrir à Schilick on Carnet et au Salon du livre de Colmar.

« Tant pis si tu y passes la nuit, il faut que ça soit prêt pour jeudi ! » Dans un sourire complice, Aline Cardot, responsable de Callicéphale, presse gentiment Thierry Chapeau, auteur qui finalise Mon beau sapin, ouvrage revenant sur l’invention de la boule de Noël. Originalité : il s’agit d’un kamishibaï, “théâtre de papier” inventé au Japon au XIIe siècle, permettant à un narrateur de s’adresser à un public analphabète de manière pédagogique et visuelle, sur des thématiques religieuses, civiques ou législatives. Derrière son kamishibaï, le conteur – manipulateur fait glisser les planches illustrées dans un butaï (castelet miniature en bois), lisant le texte inscrit au recto, en tenant compte des didascalies (vitesse de défilement…). Dans les années 1920, cette technique est utilisée par des conteurs ambulants sillonnant les routes à la rencontre des enfants… jusque dans les années 1970 et l’explosion de la télévision. Il y a 15 ans, Jean-Luc Burger de la librairie strasbourgeoise La Bouquinette crée Callicéphale et redonne vie à ces “boîtes magiques” contenant des images cartonnées : contes revisités ou non, histoires inventées, légendes oubliées aux horizons graphiques très différents (pastels, tissus, 3D…), à destination des écoles ou des particuliers.

Sur les étagères de la petite maison d’édition, les sorties (huit par an, éditées à 2 000 exemplaires) s’entassent et nous convient à un voyage autour du monde, en Afrique (Les Trois Zouloulais), en Inde (Le Singe et l’émeraude), en Égypte (Petit Noun, L’Hippopotame bleu des bords du Nil) ou dans une “contrée lointaine” (Les Habits neufs de l’Empereur). Pour Aline Cardot, en charge de Callicéphale depuis 2012, la question est de « tirer parti du principe pour jouer avec l’histoire et susciter l’intérêt de l’enfantIl faut apporter une véritable valeur ajoutée par rapport à un album, les images se dévoilant petit à petit. » On n’aborde pas un kamishibaï comme un livre jeunesse “classique”. Yannick Lefrançois, connu des lecteurs des DNA pour ses caricatures, est l’auteur du Lapin de Printemps : « Il s’agissait d’un livre pour enfants que j’ai sorti en 1998 et que j’ai adapté avec gourmandise en kamishibaï. C’est agréable de travailler sur du grand format, en intégrant ce processus mécanique qui consiste à faire coulisser les éléments. Il faut bien préparer les effets, en bonne entente avec le texte que j’ai réécrit car le rythme diffère. C’est une gymnastique à mener sur le story-board en perspective d’un petit spectacle. Il faut trouver la bonne musique », affirme ce bassiste amateur qui s’apprête à plancher sur la relecture d’un conte alsacien. Une histoire en “jeu de dominos” mettant en scène un cochon, une fermière ou un chien qui se prête parfaitement au format du kamishibaï.

À Schiltigheim, à Schilick on Carnet, au Brassin (voir ci-contre)

À Colmar, au Salon du livre, au Parc Expo, samedi 21 et dimanche 22 novembre (thématique : “À suivre…”, avec des auteurs défendus dans nos colonnes comme Yasmina Khadra, Didier Daeninckx ou Sherley Freudenreich…)

03 89 20 68 70

www.salon-du-livre-colmar.com

www.callicephale.fr

Emmanuel Dosda
Emmanuel Dosda
journaliste
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