Zulu nation

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SKIP&DIE, c’est un feu d’artifice de sons venus d’Afrique du Sud et du reste du monde. Un mix ragga-rap-electro-world percussif, une explosion multicolore à vivre en live.

 

Des bombes Anti-Capitalista plus bruyantes qu’un concert de sifflets, pétards et cornes de brume durant une manif à Notre-Dame-des-Landes. Une vision aussi vertigineuse et kaléidoscopique que la ville de Johannesburg vue du ciel en Nine Dimensions. Des apocalypses soniques poussant à clamer Wake Up au lever du jour. Des titres arc-en-ciel donnant une foudroyante envie de voltiger dans les airs, chevauchant un serpent cosmique. SKIP&DIE, est un groupe mené par la surnommée Cata.Pirata, héritière de M.I.A. ou de Santigold, sud-africaine archi-charismatique et overlookée (se rendre sur son Tumblr pour prendre quelques leçons de style). Elle est accompagnée du producteur hollandais Jori Collignon, génial bidouilleur décomplexé composant des titres bigarrés et inclassables, dont la colonne vertébrale est faite de grosses basses. Le duo a connu un succès fulgurant et amplement mérité dès la sortie du détonnant Riots in the Jungle en 2012, composé à partir de matières sonores enregistrées auprès de nombreux musiciens durant un trip africain.

Leurs vidéos délirantes, souvent réalisées par Cata.Pirata, artiste poly-talentueuse, ont largement contribué à gonfler la notoriété du combo combattant. Celui-ci mixe sitars Bollywood et déguisements en poils synthétiques, chant en anglais, en afrikaans ou en zoulou, poses sexy et slogans altermondialistes. Soli de guitare électrique et tam-tam, musique bricolée façon Konono N°1, rap speedé à la Die Antwoord (en moins trash, quand même), hip-hop broussailleux, electro cradingue, dub “afro”disiaque, rock vert fluo ou world music qui fait dresser les cheveux sur la tête… Avec SKIP&DIE, j’ai vu Soweto comme si j’y étais.

Après le mini-album constitué de relectures electroïdes, Remixed Riots, le groupe a sorti les très inspiré Cosmic Serpents, enregistré à travers le monde et influencé par une série de voyages menant au Brésil (DJ Gorky de Bonde do Role est présent sur le disque), en Égypte, en Argentine ou sur l’île de la Réunion (le groupe Lindigo apparaît sur Maloya Magic). Des Space girls qui ondulent, une foule s’embrasant, des accords fruités, des frontières qui tombent, des rythmes traditionnels ancestraux qui croisent des sons d’après-demain… Ce serpent-là ne se mort jamais la queue.

 

Au PréO (Oberhausbergen), samedi 15 octobre

www.le-preo.fr

 

www.skipndie.com

 

Emmanuel Dosda
Emmanuel Dosda
journaliste
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