The Young Gods

Imprimer cet article

Phénomène dans le monde anglo-saxon, The Wicked + The Divine débarque en France. Voilà une fable métaphysique flashy sur le caractère éphémère de la gloire.

Le postulat de départ de la série est plutôt simple : tous les 90 ans, douze dieux se réincarnent dans le corps de jeunes humains pour devenir des stars adulées. Ils sont beaux et charismatiques. Ils ont des pouvoirs de super héros. Ils déchaînent les foules. À côté d’eux, les Beatles sont de petits joueurs… Dans ce panthéon mondial foutraque, Baal côtoie Lucifer et Amaterasu (déesse du soleil du shintoïsme). Orgie glitter et punk, la série ne se contente cependant pas de sa superficialité revendiquée faite de scènes où la violence est esthétisée avec élégance. Derrière le glamour des dessins de Jamie McKelvie (servis par un coloriste talentueux en diable, Matthew Wilson), se déploie le scénar’ brillant de Kieron Gillen où abondent références et clins d’œil. Les douze, par exemple, ressemblent à des stars d’aujourd’hui : Odin rappelle les Daft Punk avec son casque caractéristique, la déesse égyptienne Sekhmet, pour sa part, fait penser à Rihanna. Le problème en outre, c’est que les Dieux n’ont que deux ans pour profiter de leur statut. Passé ce délai leur ticket n’est plus valide et ils s’évanouissent dans le néant. Fable sur la célébrité contemporaine et sa vacuité, mais aussi réflexion d’essence faustienne sur l’existence et son caractère éphémère à destination de la Génération Y, The Wicked + The Divine est un tourbillon trash et intelligent. Si, si, ça existe…

couv_faust-departFaust départ, premier volume de The Wicked + The Divine est paru chez Glénat (17,50 €)
www.glenatcomics.com

Hervé Lévy
Hervé Lévy
Rédacteur en chef
Lire tous ses articlesLui écrire

Imprimer cet article