Swingin’ in the rain

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Marckolswing fête le jazz dansant au cours d’un festival international nous donnant rendez-vous pour swinguer dans une ambiance cabaret, nous plongeant dans l’Amérique qui résiste à la Grande dépression.

« Nous célébrons le jazz mélodique, avec des thèmes chantés ou non, tel qu’on le jouait jusqu’à l’arrivée du be bop et la rupture harmonique. » Christophe Erard est directeur d’un événement s’intéressant à une période allant de la fin années 1920 à 1940, du new orleans jazz à l’ère des big bands. Il évoque « une musique faite pour danser », née à Harlem, qui nous file des fourmis dans les gambettes. Depuis 2016, la seconde partie des trois soirées est dédiée à la danse. Après le premier concert (notamment du duo enchanteur Jérôme Gatius à la clarinette & Alain Barrabès au piano, 18/03), on pousse les tables et chaises pour laisser de la place aux lindy-hopeurs et autres swingueurs, invités à se « déchaîner sur la piste ». Illustration avec le Spirit of Chicago Orchestra (18/03), ensemble de dix-sept artistes faisant groover cordes, cuivres ou voix venant interpréter un répertoire des années 1920, « une période où les radios américaines faisaient appel à des arrangeurs pour faire danser les auditeurs. Spirit of Chicago a fait des recherches pour retrouver ces partitions. Il se sont particulièrement intéressés à Singin’ in the Rain, film de 1952, et se sont rendus compte que tous les titres avaient déjà été écrits trente ans plus tôt par Nacio Herb Brown et Arthur Freed. Pour la comédie musicale, ils les ont eux-mêmes réarrangés à la sauce fifties ! » Durant Marckolswing, les festivaliers sont conviés à se trémousser sur les arrangements originaux. Ils reconnaîtront les standards du long-métrage, même s’ils sont joués différemment. L’événement parvient à exhumer des partitions tombées aux oubliettes, en conviant de véritables archivistes qui sont allés à New York pour décrypter des indications notées à la main par les musiciens. Si Count Basie, Duke Ellington et autres kings du swing sont aujourd’hui réévalués, cette musique a longtemps été mise au ban. Elle prend sa revanche avec La Section Rythmique (17/03) qui convie Dado Moroni (piano) et Scott Hamilton, « témoin indirect de la grande époque » car saxophoniste s’étant produit avec Benny Goodman.

 

À La Salle des fêtes de Marckolsheim (67), du 16 au 18 mars

www.marckolswing.fr

 

 

Emmanuel Dosda
Emmanuel Dosda
journaliste
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