Street’s disciple

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Photo de OX

L’asso bisontine Juste Ici déploie de tentaculaires parcours artistiques dans (et avec) l’espace public pour la 7e édition de Bien Urbain. En guest star l’artiste OX, ancien des Frères Ripoulin.

L’artivisme, tel pourrait être le fil rouge d’un festival donnant à voir et à (re)penser la rue par le biais d’interventions artistiques en soulignant les lignes de force et de tensions, les angles morts et renoncements, les saturations et les espaces de liberté à se réapproprier. Cette année, OX a assuré la programmation aux côtés de l’équipe de Bien Urbain qui l’a choisi comme artiste associé. Un vieux de la vieille – plus de trente ans de collages sur panneaux d’affichage public derrière lui –, co-fondateur au milieu des années 1980 du collectif Les Frères Ripoulin avec Jean Faucheur (sic !), Pierre Huyghe alias PiroKao ou encore Claude Closky. Comme ses comparses, après avoir recouvert d’art les 4×3 de Paris et de banlieue, OX a flirté du côté des galeries avec ses toiles peintes avant de succomber à nouveaux aux sirènes de la rue, au tournant des années 2000. Cette figure du milieu, déjà présente dans les première et troisième éditions du festival, substitue aux slogans marchands un brin de poésie éphémère, de décalage visuel, de pensée contestataire sans revendiquer pour autant la disparition de la publicité.

Un autre membre des Frères Ripoulin sera de la partie : Bla + et ses personnages aux couleurs flashy promettent de s’étendre dans le tout Besançon. Plus engagé sera le week-end avec l’artiste militant Jordan Seiler (atelier contre-publicitaire les 10 et 11 juin à l’hôpital Saint-Jacques), adepte de la désobéissance civile pour résister et contrebalancer l’omnipotence de l’imagerie commerciale dans l’espace public. Ne manquez pas non plus l’exposition Potente di Fuoco de l’italien Ericailcane (jusqu’au 17 septembre au Musée du Temps) qui revisite ses dessins d’enfants dans un effet-miroir aussi étonnant que détonant, passé à la moulinette de son humour et de sa “patte” gorgée de fantasmagorie. Le suédois Ekta posera ses valises quelques temps dans la ville pour y produire des œuvres avec des habitants ou des artisans locaux. Quant aux amateurs de graffiti pur et de writers à l’ancienne, ils ne seront pas en reste avec les Deux jours autour de la lettre avec Stephen Powers (16 & 17 juin à La Cité des Arts). Depuis Philly, il a rayonné sur les murs américains sous l’acronyme d’ESPO en y disséminant de courts messages poético-ironiques, écrits en immenses lettres sur des pans de murs ou des blocks entiers, n’hésitant pas à se déguiser en fonctionnaire municipal pour déjouer la vigilance des autorités.

  Dans les rues de Besançon et Chez Urbain (point de rencontre éphémère), jusqu’au 17 juin

bien-urbain.fr

Thomas Flagel
Thomas Flagel
Journaliste
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