Spect-acteur du futur

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Pour sa 6e édition, le Forum européen de Bioéthique se tiendra du 25 au 30 janvier sur le thème « Le normal et le pathologique », l’occasion de débattre avec des experts sur des problématiques de la vie civile.

Expérimentations génétiques, nouveaux moyens de reproductions, allongement de la durée de vie, la science et la médecine nous dépassent et la bioéthique est là pour interroger les conséquences éthiques et sociétales que posent ces avancées. Sous l’égide du professeur de médecine Israël Nisand et du médecin généticien Jean-Louis Mandel, le Forum est le moyen d’aborder avec le public des sujets qui d’habitude sont réservés aux professionnels du domaine scientifique. L’idée est de mettre à disposition ces savoirs afin de les discuter, les confronter et les analyser dans « un débat ouvert et républicain », précise la directrice Nadia Aubin-Mougin, « pour échapper à la parole de l’expert et ainsi ne pas créer de barrière avec le public ». À chaque rendez-vous, ils s’expriment pendant 45minutes puis un temps de parole de 1h15 est accordé au spect-acteur qui est libre d’intervenir.

Cette année, nous sommes amenés à réfléchir à l’intemporelle et délicate question : « Où se situe la limite entre le normal et le pathologique ? » Intemporelle parce que Spinoza s’attelait déjà à ce sujet, expliquant que l’ordre et le désordre, la perfection et la réalité ne sont que des illusions créées par notre imagination. Nietzsche quant à lui n’admettait pas l’existence des contrastes car la réalité était pour lui, constituée selon « des degrés et gradations de nuances ». Plus tard en 1943, Georges Canguilhem rédige une thèse sur cette même problématique à l’Université de Strasbourg (délocalisée pendant la guerre à Clermont-Ferrand) en faisant état qu’il n’existe aucune opposition précise entre le normal et le pathologique, ce dernier obéissant lui-même à une certaine norme qui lui est inhérente. Jean Oury, psychanalyste, voyait au sein même du normal, une pathologie, qu’il nomma « la normopathie ».

Délicate parce le rôle de l’État, des lois se rapportant à l’humain sont remis en question. Cette problématique vient pointer du doigt précisément les sujets qui fâchent, qui divisent, qui dérangent voire qui créent la polémique. Ainsi sont traités lors de ces échanges, la folie (« Dans le monde des fous, comment notre société traite-t-elle ses fous, comment la psychiatrie y répond ? », mercredi 27 janvier à 10h à la Libraire Kléber), la gestation pour autrui (« Porter l’enfant d’une autre : esclavage ou solidarité ? », jeudi 28 janvier à 18h à la Salle de l’Aubette) ou encore l’épineuse question d’un troisième sexe (« Ambiguïtés sexuelles : qui décide de définir le genre ? », samedi 30 janvier à16h à la Salle de l’Aubette). Décliné en 35 thèmes, le Forum Européen de Bioéthique se promet d’être riche en débats, et d’appréhender au mieux les bouleversements qui nous attendent.

Du lundi 25 au vendredi 30 janvier
Entrée libre et gratuite à la Librairie Kléber et à la Salle de l’Aubette (Strasbourg)
www.forumeuropeendebioethique.eu

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