Paint it black

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Avec Green Days, festival de MA scène nationale, on en voit des vertes et des pas mûres : cartes blanches laissées à des artistes, spectacles sur le gazon verdoyant, ovnis multicolores envahissant les rues ou concert de Black Yaya, projet solo du chanteur d’Herman Dune. Entretien.

Lorsque Neman s’échappe d’Herman Dune, on obtient la musique technoïde de Zombie Zombie. Avec Black Yaya, on reste assez proche de l’esprit du groupe, avec les influences de Dylan, Berman ou Richman. Vous n’avez pas ressenti l’envie de remettre les compteurs à zéro ?

Je ne suis pas sûr que comparer nos travaux respectifs ait vraiment un sens. C’est une question de point de vue : à chaque fois que j’écris de nouvelles chansons, j’essaye de réinventer ma poésie, mes sujets, mes mélodies. J’aime les chansons, j’aime les mots, c’est moi qui les écrivais et les chantais dans Herman Dune, ce sera toujours ma voix, mon écriture. Ceux qui s’attendent à ce que je me mette à la techno sont peut-être déçus, mais je n’en ai aucune envie.

C’était important de jouer de chaque instrument, de tout faire seul, pour cet album ?

Oui, je recherchais cette liberté. Pas de limite de temps, pas de sensibilité à respecter, je pouvais tout essayer et tout jeter, sans vexer personne…

Vous avez choisi le pseudonyme Black Yaya, mais votre musique n’est pas si noire…

Pour citer Morrissey : « I’m wearing black on the outside cause black is how I feel on the inside. »

Quelle influence ont eu le soleil californien et l’océan sur votre disque ? Un morceau comme Save Them Little Children fait davantage songer aux déserts du Far West qu’aux plages de Malibu…

Le désert de l’Ouest est à une demi-heure en voiture de Malibu, la Californie a parfois plus que la plage à offrir. C’est un état merveilleux, plein de douceur mais aussi de violence. Il m’inspire.

Sur la pochette, vous apparaissez grimé, le visage peint en blanc, comme dans une cérémonie africaine…

Ce maquillage m’évoque le passage vers l’au-delà. Comme une sorte d’image vodou. C’est ce que je souhaitais.

Vos chansons et dessins sont habités par des yétis, des monstres, mais aussi des références à la bible… Le mystique et le fantastique vous inspirent autant que la vie quotidienne, les villes que vous traversez ?

Exactement, le spirituel, le quotidien, et l’un dans l’autre, c’est ce qui me fait écrire.

Vous servez-vous encore de votre journal intime pour vos chansons et comix ?

Mon journal intime est trop sombre pour une BD, je n’en fais plus. J’écris du blues et je peins des morts-vivants.

Green Days (performances, créations in situ, danse, théâtre, gastronomie…), à Montbéliard, partout en ville (à l’Hôtel de Sponeck, dans les rues…), du 2 au 6 juin (manifestation gratuite)

0 805 710 700

www.mascenenationale.com

Soirée Feu de camp avec Black Yaya et Thomas Schoeffler Jr. (organisée avec le Moloco), vendredi 5 juin

Réservation obligatoire : 0 805 710 700 (lieu secret)

 

Black Yaya, édité par City Slang

www.cityslang.com

www.blackyaya.com

 

Emmanuel Dosda
Emmanuel Dosda
journaliste
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