OH ! Brother

Dédié aux « musiques créatives d’aujourd’hui », le Collectif OH ! fête ses cinq ans. Présentation de frères d’arme rassemblés derrière une interjection qui est également le nom d’un festival.

Du jazz ? Si on fait simple… mais teinté de rock, de musique contemporaine, de pop ou de noise. De l’impro ? Pas exclusivement. Une « musique non commerciale, difficilement identifiable », selon le Collectif OH !, au départ nommé l’Improviste, confrérie d’une dizaine de musiciens, eux-mêmes réunis au sein de nombreuses formations (Wunderklub, To Catch a Crab…). Autant de terrains d’expérimentations où l’on tord le cou au “jazz à papa” sans renier son héritage. Christine Clément, Christophe Imbs et Francesco Rees, « canal historique » du clan (et membres de Polaroid3, entre autres), nous décrivent la genèse du collectif qui « correspond au moment où nationalement, beaucoup se sont formés : Coax à Paris ou le Grolektif à Lyon. » L’objet de OH ! est non seulement de rassembler des artistes animés par une passion commune, mais aussi de « tisser un réseau français, voire européen » et ainsi de pouvoir faire des propositions osées loin des « programmations institutionnelles trop sclérosées ». OH ! n’évolue cependant pas à mille lieues des salles subventionnées, l’équipe de Pôle Sud lui ayant notamment offert, cette saison, une série de cartes blanches lors de concerts “club”, en after. « Une vraie reconnaissance, une réelle confiance et une manière pour nous de toucher un autre public », se réjouissent-ils en espérant réitérer l’opération l’an prochain…

Les différents membres du collectif proposent régulièrement des master-classes et ateliers au Conservatoire ou à l’École du TNS, au sein du Cedim[1. Centre d’enseignement et de développement de l’improvisation musicale – www.cedim.fr] ou de l’Adiam[2. Association départementale d’information et d’action musicales et chorégraphiques du Bas-Rhin – www.adiam67.co]. L’action pédagogique est importante pour ceux qui présentent, en ouverture de festival (samedi 12 mai à Stimultania), une conférence de Samuel Colard dont l’intitulé est Qu’appelle-t-on “musiques actuelles” ? Le public est guidé, les amateurs sont impliqués. Un des moments phares sera d’ailleurs la restitution d’un stage (samedi 26 mai au Hall des Chars) de soundpainting, « de la peinture sonore entre impro et écriture, une direction d’orchestre à partir d’un alphabet de gestes », animé par le compositeur Étienne Rolin. Tout au long du festival, nous assisterons au résultat de workshops d’élèves du Cedim, à des concerts de groupes membres (La Poche à Sons ou Polaroid3 qui présentera son nouveau disque… signé sur le label OH !) ou émanant (Furieuz Casrols, Next Monday…) du collectif et de formations “amies”, DDJ (Paris), ICSIS (Lyon), etc. Des artistes avec lesquels la petite communauté partage des esthétiques et qui favorisent la prise de risque, « l’investissement scénique », la rencontre. Le trio, d’une seule voix : « Au début, nous étions loin d’avoir cette ouverture-là. Depuis quelques années, les choses se décloisonnent, des passerelles se sont édifiées entre les genres. Nous sommes traversés par nos découvertes et nos projets font partie de ce magma. »

Festival OH !, à Strasbourg, du 12 (avec un Avant-propos à Stimultania) au 27 mai à L’Artichaut et au Hall des Chars

www.festivaloh.com

www.collectifoh.com

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