Les nouveaux mystères de Pigalle

Les Miroirs du crime est une brillante variation en BD sur les films noirs (très noirs) des années 1950 et les romans policiers de Léo Malet.

Le duo Noël Simsolo / Dominique Hé avait déjà signé Pornhollywood (autre diptyque paru chez Glénat) : il est de retour, au meilleur de sa forme. Le premier a imaginé un scénario tortueux dense et brillamment ficelé servi par les dessins du second – tendance ligne claire hiératique – qu’on apprécie depuis les eighties et des sagas cultes comme Marc Mathieu (avec notamment la culte Empreinte du minotaure) ou Voyages. Premier volume des Miroirs du crime, Les Tueurs de Pigalle débute en 1954, à Marseille lorsqu’un marin débarque, en provenance de Saigon… S’en suit une épopée criminelle dans une zone située entre les films de Melville (qui apparait en guest star dans la BD) et de Léo Malet (idem) opposant un patron de cabaret, malfrat à l’ancienne avec un code d’honneur, et un nouveau venu prêt à tout, un dandy nommé Saint-Napi qui souhaite inonder les rues de came, histoire de faire un maximum de bénéfice. Éternelle querelle entre les Anciens et les Modernes… Au fil des pages on croisera un drôle de toubib évoquant curieusement le Dr. Destouches, un tueur acnéique, un flic amoureux d’une danseuse ou encore un clochard citant du Shakespeare, de loin le personnage le plus fascinant de cette histoire qui trouve son étonnante conclusion dans le bien nommé Carnage blues.

Les deux volumes des Miroirs du crime sont parus chez Glénat (13,90 €, chacun)

www.glenatbd.com

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