Les roseaux sauvages

Imprimer cet article

Avec Entre deux roseaux, l’enfant, le musicien strasbourgeois d’origine irakienne Fawzy Al-Aiedy mêle ses souvenirs à l’Histoire avec une majuscule au cours d’un voyage musical « pour petites et grandes oreilles ».

Fawzy Al-Aiedy n’est pas un musicien. C’est un architecte qui « travaille depuis longtemps à la construction d’un pont entre l’Orient et l’Occident. De nos jours et au regard de l’actualité, il est nécessaire pour gommer tous les préjugés », affirme celui qui cherche, au fil de ses créations, à connecter les êtres humains les uns aux autres grâce aux vibrations de son oud. Il s’adresse aux adultes et aux plus petits, comme c’est le cas avec son nouveau spectacle (à partir de 18 mois) qui part d’une rencontre avec Christine Planel, directrice de La Passerelle à Rixheim. Lorsqu’elle lui commande un show pour le jeune public, il décide de parler de sa propre enfance en Irak. « J’ai songé à un endroit très précis au Sud du pays : Bassora, la région des marais. Les hommes y ont coupé les roseaux afin d’en faire des sortes de pinceaux : c’est là qu’a été inventée l’écriture, à l’époque sumérienneLes roseaux étaient également taillés pour fabriquer des flûtes. » Évoquer cet endroit où il a grandi lui permet de tutoyer la grande Histoire au travers d’un spectacle multimédia dans lequel la musique rencontre la calligraphie – via les interventions de son célèbre ami Hassan Massoudy – et où sa propre mémoire croise celle de tous les migrants. Mise en scène par Denis Woelffel, directeur de la M.A.C. de Bischwiller et de la compagnie Sémaphore, la pièce nous fait voleter dans le ciel bleu de Bassora, rempli d’oiseaux migrateurs venus du monde entier. Il nous invite à humer l’air iodé du port où accostent des bateaux de marchandises de toutes les régions et se mêlent les langues de tous les pays.

Parmi les roseaux, Nassim – alter-ego de Fawzy – confie son histoire, ses envies d’évasion, en chanson, sur des notes de luth. Voilà qu’il se transforme en volatile, parcourt le globe et revient avec des comptines du monde arabe et occidental. À la clair fontaine ou Il était un petit navire se mêlent à des berceuses irakiennes, dans un incessant va-et-vient entre les continents. Au commencement du spectacle, il y a ce rêve du jeune Fawzy qu’il raconte sur scène : « Il y avait une corde à linge sur laquelle étaient suspendus des vêtements rouges, bleus et jaunes. J’ai également vu une belle montre que j’ai mise à mon poignet. En me réveillant, raconté ce songe à ma maman qui l’a interprété. Selon elle, le fil symbolisait ma vie : j’allais quitter le pays pour voyager à l’étranger faire la rencontre d’une femme. J’étais encore gamin, mais tout ça s’est exaucé ! »

Entre deux roseaux, l’enfant

À Lingolsheim, à La Maison des Arts, mercredi 15 avril

www.lingolsheim.fr

À Schiltigheim, au Brassin, mercredi 13 mai (dans le cadre des Régionales)

www.ville-schiltigheim.fr

Noces-Bayna (avec chorale d’enfants)

À Thann, au Relais culturel Pierre Schielé, samedi 18 avril

www.relais-culturel-thann.net

À Metz, à La BAM, dimanche 14 juin

www.trinitaires-bam.fr

www.fawzy-music.com

Emmanuel Dosda
Emmanuel Dosda
journaliste
Lire tous ses articlesLui écrire

Imprimer cet article