Les Desseins du dessin

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L’exposition collective de la Fondation Fernet-Branca rassemble trois femmes artistes pour de somptueuses et délicates Métamorphoses qui ont la semblance d’une variation sur le dessin. Visite.

Pierre-Jean Sugier a réuni trois artistes dans une exposition intitulée Métamorphoses. Pour le directeur de la Fondation Fernet-Branca, il s’agissait « après une année tournée essentiellement vers l’abstraction de se tourner vers la figuration et la représentation ». Rassemblées, les œuvres de trois femmes, Frédérique Lucien, Gabriele Chiari et Véronique Arnold arpentent les multiples territoires des avatars contemporains du dessin, abordant aussi chacune les rivages du végétal. La première a choisi plusieurs séries qui, rassemblées, forment un extraordinaire jardin : immenses découpes de formes florales élémentaires, hiératiques et sobres (Feuiller), variations / répétitions autour du pistil d’une tulipe ressemblant à d’étranges signes typographiques (Pistils) ou encore silhouettes de fleurs polychromes peintes à l’acrylique dont les tiges envahissent la salle avec élégance (Pendantes).

Le médium de prédilection de Gabriele Chiari est l’aquarelle qu’elle pratique « à la manière de Pénélope, déterminée à avancer le jour, à défaire la nuit pour mieux recommencer le lendemain », explique-t-elle. Le résultat ? Des formes a priori abstraites colorées avec délicatesse qui colonisent les salles. On ne sait si elles sont des plantes hybrides vaguement inquiétantes – brin de Caulerpa taxifolia devenu rouge ou spore envahissant l’espace – ou des fragments de tissu organique passés au microscope grossissant. Pour sa part, Véronique Arnold considère le dessin comme « une recherche de motifs particuliers (mélodie ou pensée) à partir d’une rythmique fondamentale (bruit régulier) de la machine à coudre ». Son mode d’expression favori, la broderie (qui entre en résonance avec la peinture dans Frémissement de l’absence, questionnement sur l’apparition / disparition d’un corps) se combine alors avec des pièces utilisant des matériaux naturels, branches de châtaigner, clous de girofle ou œillets illustrant avec élégance la première phrase du livre d’Ovide qui donne son titre à l’exposition : « J’entreprends de chanter les métamorphoses qui ont revêtu les corps de formes nouvelles. »

À Saint-Louis, à la Fondation Fernet-Branca, jusqu’au 27 mars

03 89 69 10 77 – www.fondationfernet-branca.org

Raphaël Zimmermann
Raphaël Zimmermann
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